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Evaluation nutritionnelle du chien et du chat : un suivi systématique
11 juillet 2012
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Evaluation nutritionnelle du chien et du chat : un suivi systématique

© Michael Pettigrew – Fotolia.com

De plus en plus de vétérinaires s’intéressent au suivi nutritionnel de nos animaux de compagnie. Face aux cas d’obésité de plus en plus fréquents, ou de maladies rénales parfois liées à une mauvaise alimentation, une évaluation effectuée à chaque visite vétérinaire s’impose.

Evaluer le statut nutritionnel de l’animal, c’est :

• Evaluer les caractéristiques du patient qui influent sur son besoin nutritionnel (espèce, race, âge, statut, maladie).

• Recueillir des informations sur son alimentation (tous les aliments consommés et leur mode de distribution), son environnement, son mode de vie et… son propriétaire (contraintes, préférences, croyances) qui reste le décideur final !

• Effectuer un bilan nutritionnel clinique systématique : si une situation à risque est identifiée, la ration est ajustée qualitativement et quantitativement.

L’avènement de la médecine basée sur les preuves rend service à la nutrition : nombre de publications prouvent en effet qu’une bonne nutrition améliore la qualité mais aussi l’espérance de vie, et fait ainsi partie du « soin optimal » à apporter aux animaux de compagnie. La nutrition est vitale pour l’animal. Pour le propriétaire, elle représente d’abord une obligation morale et financière, mais elle est souvent le reflet de la relation affective qu’il entretient avec son compagnon. L’éducation des propriétaires est indispensable, et c’est ce qu’ils attendent de leur vétérinaire : rappelons que 90 % des propriétaires déclarent attendre des conseils nutritionnels de leur vétérinaire, tandis que 15 % seulement déclarent en avoir reçu…

Evaluer systématiquement

L’évaluation nutritionnelle doit être systématique. En quelques minutes, le vétérinaire doit évaluer son patient et ce, à chaque consultation : nutrition, animal, propriétaire et environnement sont en effet à même d’être modifiés d’une visite à l’autre. Mal nourrir rend malade, et même si les effets sont peu précoces, la responsabilité du vétérinaire est bien de mettre son patient à l’abri du risque : « une mauvaise alimentation ne tue pas vite, certes, mais impactera la santé à plus ou moins long terme » précise le Dr Géraldine Blanchard, vétérinaire nutritionniste. L’évaluation nutritionnelle doit prendre en compte la situation de l’animal : elle a pour but d’adapter la nutrition d’un point de vue quantitatif et qualitatif, mais aussi le mode de distribution. C’est bien en évaluant l’alimentation d’un animal qu’on pourra mettre en évidence les risques, voire les troubles, qui sont la conséquence d’une nutrition inadaptée.

Bilan nutritionnel

Lorsque des facteurs de risque apparaissent à l’issu de l’examen préliminaire, un bilan nutritionnel approfondi doit alors être mené pour modifier efficacement la ration. Quand une modification nutritionnelle est nécessaire, le praticien ne doit pas se contenter de recommandations orales. La ration doit faire l’objet d’une prescription, le praticien doit rédiger une ordonnance et prendre le temps de valider ses recommandations avec le propriétaire, notamment pour vérifier leur compréhension et leur faisabilité. Enfin, comme pour toute prescription, un suivi doit être mis en place.

Ne pas « juste » lire l’étiquette des paquets !

Pour aider au mieux le propriétaire, le vétérinaire doit choisir l’aliment le plus adapté, et calculer le A l’aide des notices techniques des aliments. Une fois l’aliment choisi, le vétérinaire doit calculer le besoin énergétique de l’animal pour savoir quelle quantité journalière distribuer, à l’aide des notices techniques des aliments.

Chez le chien comme chez le chat, le besoin énergétique doit être adapté au poids optimal de l’animal, donc pas forcément à son poids actuel : environ 39 % des chiens et 27 % des chats sont en effet en surpoids ou obèses… inutile d’aggraver leur cas ! Par ailleurs, le besoin énergétique doit être pondéré par 4 coefficients relatifs à la race, au niveau d’activité, au statut physiologique et aux conditions pathologiques. Cette démarche rapide apporte fiabilité et crédibilité au calcul de la ration. Enfin, il est recommandé de proscrire définitivement les gobelets doseurs, trop peu fiables : la ration devra être pesée chaque jour, et pour la journée.

Habitudes alimentaires du chat : la vérité…

Une enquête sur une population « tout-venant » de chats à l’ENVA a montré que seuls 41% des chats ne mangeaient que des aliments complets (croquettes et/ou pâtée). Près de 58 % des chats reçoivent une alimentation mixte composée d’aliments complets et d’ingrédients ménagers, de la viande ou du poisson dans 28 % des cas. Ces aliments ménagers, s’ils sont donnés en quantité trop importante, ajoutent non seulement des calories inutiles, mais déséquilibrent la ration qui ne respecte plus les proportions adéquates entre les différents nutriments. Si l’apport de courgettes peut être encouragé chez les chats sédentaires, car elles apportent du volume et de l’eau à la ration avec très peu de calories, il n’en est pas de même pour d’autres aliments. Une cuillère à café (environ 10 grammes) de thon, de poisson ou de viande par jour est en effet le maximum que peut recevoir un chat en complément d’un aliment complet. Au-delà de cette quantité, la ration devient déséquilibrée et il sera nécessaire d’ajuster sa composition. Par ailleurs, le thon (déjà particulièrement cher en comparaison avec des filets de poisson blanc surgelés) concentre le mercure et ne doit donc pas être donné en grande quantité tous les jours. Enfin, chez le chat aussi, il convient d’être attentif au mode de distribution : le régime doit prendre en compte cette considération éthologique.

Les « Pipolino® » ou distributeur-minuteur permettent d’étaler la prise alimentaire de l’aliment sec du chat sur la journée, et l’aliment humide doit être distribué en 3 repas. Ce fractionnement, et l’occupation qu’il génère, permettent d’éviter le développement de troubles anxieux liés à une distribution inadaptée (en 1 ou 2 fois seulement par jour), ou à l’inverse la surconsommation quasi-inévitable des chats nourris « à volonté ».

Le top 4 des petites phrases qui coupent l’appétit à Géraldine Blanchard:

« Une ration ménagère, c’est 1/3, 1/3, 1/3 » : faux ! En oubliant l’huile et le CMV, on prive le chien de 50 % des nutriments essentiels.

« La meilleure huile, c’est l’huile d’olive » : faux ! Elle ne contient aucun acide gras essentiel. C’est l’huile de colza qui est la plus adaptée pour les chiens et chats.

« Pour les croquettes, voyez mon assistante » : aïe ! La ration doit être prescrite, ce qui doit être fait en consultation…

« Maintenant qu’elle est stérilisée, il va falloir faire attention !» : trop flou ! Le surpoids n’est pas une fatalité après la stérilisation, encore faut-il ne pas se contenter de se rassurer soi-même et donc prendre le temps de rédiger une information claire et précise pour les propriétaires.

(source : l’Essentiel)

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