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Les chimpanzés, des tueurs nés ?
22 septembre 2014
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Les chimpanzés, des tueurs nés ?

Les chimpanzés, ça peut être très sympa, rigolo, voire mignon… mais aussi carrément flippant. Nos cousins primates les plus proches sont capables de violence meurtrière, déclarent la guerre à leurs propres congénères, sont capables de les mutiler sauvagement et évidemment de les tuer, eux et leur progéniture.

Ca ne vous rappelle personne ? Le fait est que ce type de comportement est très rare chez les mammifères… sauf chez les humains, qui sont les seuls mammifères (autres que les chimpanzés et les bonobos) connus pour être capable d’atteindre un tel niveau de violence envers des membres de leur propre espèce.

Mais quelle est la cause d’une telle violence chez les chimpanzés, et que pouvons-nous en apprendre sur notre propre tendance à nous faire la guerre?

Des études ont suggéré que les chimpanzés sont par nature pacifiques : ce serait le contact avec les humains qui les aurait rendus agressifs. Une étude de référence datant des années 60 a démontré que les chimpanzés du Tanzania’s Gombe National Park commencèrent à s’attaquer les uns les autres après que Jane Goodall et d’autres primatologues les aient nourris de bananes. Quand les chercheurs stoppèrent le nourrissage, toute violence disparut – il n’en fallut pas moins pour que les scientifiques concluent à l’influence humaine pour expliquer la violence des singes.

Mais d’autres chercheurs réfutent cette hypothèse, parmi eux, 30 qui viennent de publier une étude très controversée sur la violence chez les chimpanzés, basée sur 420 années cumulées d’observation de 18 communautés de singes différentes. La conclusion de l’étude ? Les singes seraient naturellement enclins à la violence, et nous humains n’avons rien à voir là-dedans.

La communauté Ngogo en Ouganda, par exemple, « serait le groupe de chimpanzés le plus violent qui soit » selon Michael Wilson, anthropologue de l’université du Minnesota et co-auteur de cette étude. Le fait d’autant plus troublant est que ces singes vivent dans un endroit vierge de tout contact humain… D’après Wilson, les comportements agressifs se seraient développés chez les singes car cela leur donnait un avantage considérable, en matière de reproduction, sur d’autres singes plus timorés.

Parmi les 150 « meurtres » entre singes étudiés, il en ressort que les mâles étaient les agresseurs dans 90% des cas, et les attaques se faisaient entre communautés. Des chimpanzés d’un groupe s’alliaient en général contre un individu particulier d’une autre communauté. Pour les scientifiques, cela indique que les chimpanzés attaqueraient leurs semblables pour gagner du territoire, des femelles et de la nourriture.

« Les chimpanzés se divisent temporairement en petits groupes qui se déplacent et cherchent de la nourriture, indépendamment du reste de la communauté » explique l’anthropologue Joan Silk de l’université d’Arizona, qui ne participait pas à l’étude mais a écrit récemment un éditorial corroborant ses résultats. « Lorsque des groupes de mâles rencontrent des individus isolés venant d’autres communautés, ils n’hésitent pas à les attaquer et à les laisser grièvement blessés, voire à les tuer. »

La qualité et la minutie de l’étude, la plus complète jamais menée dans ce domaine précis, a suscité l’admiration de nombreux primatologues. Pour Susanne Schultz, biologiste spécialiste de l’évolution à l’université de Manchester, « il y a là un réel effort pour comparer de nombreuses populations, et le résultat est particulièrement intéressant« .

Néanmoins, les auteurs de cette étude ne sont pas exempts de critiques, notamment de la part de deux anthropologues qui ont ainsi déclaré au New York Times que les chercheurs n’avaient pas correctement évalué l’impact humain sur ces communautés de singes. L’étude ne se serait intéressée qu’à l’étendue des territoires, et à la façon dont les humains auraient affecté l’habitat des singes, voire s’ils les avaient nourris. « Des facteurs trop simplistes » selon l’anthropologue Brian Ferguson, pour mesurer l’influence réelle des hommes sur les primates.

En tout état de cause, les auteurs mettent en garde contre toute interprétation hâtive et toute comparaison avec nos propres comportements. Comme Joan Silk l’indiquait dans son édito : « Ce n’est pas parce que les chimpanzés tuent parfois leurs voisins que les humains sont intrinsèquement destinés à se faire la guerre« . David Morgan, co-auteur de l’étude, confirme : « Ces résultats me démontrent au contraire à quel point nous sommes différents des chimpanzés en terme de coopération et d’empathie. La coopération existe chez eux, mais à un niveau sans comparaison avec le nôtre. »

En somme, tout n’est pas perdu en ce qui nous concerne !

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