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Cravacher un cheval n’augmente pas ses performances
14 avril 2015
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Cravacher un cheval n’augmente pas ses performances

Quel cavalier ne s’est jamais servi d’une « badine », comme on dit dans le jargon équestre ? Pas toujours pour punir d’ailleurs : cela peut être pour se rassurer en cas d' »imprévu » (un cheval qui a peur et n’avance plus, parfois au mépris de sa propre sécurité), pour renforcer l’action des jambes (dans ce cas, un léger tapotement derrière les jambes ou sur l’épaule suffit amplement), parfois même pour chasser les mouches en se promenant en forêt (personnellement, c’est mon cas) ! Il y a communément deux types de cravaches : les courtes, plutôt utilisées pour l’obstacle et les courses, et le stick, plus long et souple, utilisé en dressage de façon à atteindre les hanches du cheval sans avoir à bouger les mains et à lâcher une rêne.

Pour les néophytes, une cravache est nécessairement un instrument de torture. On peut encore croiser dans les clubs d’équitation, sur les terrains de concours, des personnes qui connaissent si mal les chevaux qu’elles s’imaginent obtenir ce qu’elles veulent d’eux en les brutalisant. Mais les cavaliers qui ne sont pas des bouchers savent bien que tout dépend de l’usage que l’on fait de la cravache (ou des éperons d’ailleurs), et de la personne qui tient « le bâton ». Néanmoins, nous nous sommes tous posés la question à un moment : a-t-on raison de frapper un cheval pour lui donner du courage ? N’est-ce pas contre-productif ?

Dans le domaine assez controversé des courses de galop, où la performance est primordiale puisqu’elle rapporte beaucoup d’argent, on n’imagine pas un jokey sans cravache. Pourtant, est-ce vraiment cela qui fera galoper un cheval plus vite ? Jusqu’à présent, la recherche scientifique ne s’était pas penché sur le problème. Une étude australienne (« An investigation of racing performance and whip use by jockeys in throughbred races« ) s’est ainsi intéressée au rapport entre l’usage de la cravache et les performances des chevaux de course, notamment dans les derniers mètres avant la ligne d’arrivée. En moyenne, les chevaux ne recevant pas de coups atteignaient une vitesse de pointe plus importante que leurs camarades, d’autant plus si ces derniers étaient déjà fatigués. Conclusion : a priori, l’usage de la cravache ne rend pas les chevaux plus véloces.

Une étude britannique (« A critical analysis of the british horseracing Authority’s review of the use of the whip in horseracing« ) a de son côté évalué la pertinence du rapport de l’Autorité des courses anglaises sur l’impact de l’usage de la cravache sur le bien-être des chevaux de course. Il est évidemment trop biaisé pour être fiable, alors que le sujet mériterait une recherche indépendante… Les auteurs de cette étude sont d’ailleurs dubitatifs sur les arguments concernant « le bon usage de la cravache », que nous évoquions plus haut. Force est de constater qu’aucune donnée scientifique ne confirme qu’un léger tapotement sur l’épaule met le cheval dans une situation de mal-être… ou qu’il ne lui fait pas plus d’effet négatif qu’un chatouillement.

De nombreux usages envers le cheval posent question : la cravache et les éperons, mais aussi le mors (ou plus exactement les mors), même la selle… On peut imaginer de monter à cheval sans harnachement : cela s’apprend, et aux deux membres du couple humain/cheval d’ailleurs. Mais on peut aussi monter à cheval avec un matériel adapté aux besoins de chaque cheval, à sa sensibilité, et apprendre soi-même à monter à cheval sans brutalité. Fort heureusement, l’enseignement de l’équitation va depuis plusieurs années dans ce sens.

Quant à la question de la performance, quelle est la solution ? De plus en plus d’études et d’approches éthologiques montrent que le renforcement positif est bien plus efficace pour faire faire des exploits aux chevaux, que les habitudes de la traditionnelle équitation « à l’ancienne »… avec force instruments de coercition à l’appui! Il suffit d’essayer pour s’en convaincre rapidement… Un morceau de sucre ou un peu de ruse seront toujours plus efficaces sur le long terme qu’une demi-heure de bagarre (sachant une chose, que tous les cavaliers savent bien : vous perdrez toujours, ils sont plus forts que vous !)

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