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Le festival qui donne la rage
22 juin 2015
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Le festival qui donne la rage

Le festival de Yulin est une fête chinoise qui célèbre le solstice d’été. Mais il est également sous-titré « festival de la viande de chien ». Car pour célébrer le jour le plus long de l’année, qui ouvre le début de l’été, on bat, on ébouillante et on cuisine près de 10 000 chiens et 4 000 chats (met également prisé) pour les servir aux festivaliers. La croyance ancestrale dans cette petite ville de la région de Guangxi établit que manger de la viande de chien en ce jour particulier assure chance et bonne santé pour toute l’année. Cela fait plusieurs années que ce festival est combattu par les ONG de défense des animaux, mais cette année, les réseaux sociaux s’en sont mêlés.

Certes, manger de la viande de chien est une chose légale en Chine. Mais – comme si cela était une consolation – les chiens sont censés être élevés dans des fermes et certifiés propres à la consommation humaine avant d’être vendus au marché. Mais les associations assurent que de nombreux chiens qui se retrouvent sur les marchés de Yulin sont des animaux domestiques volés, certains portent encore leur collier alors qu’ils sont tués. En plus de la cruauté déployée envers les animaux (car torturer les chiens donnerait plus de goût à la viande…),  le festival entraîne une hausse de la criminalité et pose de graves problèmes de santé publique.

Le festival de Yulin est relativement récent puisqu’il a été créé en 2009 ou 2010, pour booster l’industrie de la viande de chien, alors en perte de vitesse.

C’est à partir de l’année dernière que l’activisme des ONG a commencé à être réellement entendu et relayé, au point de susciter de violentes réactions même en Chine, où les droits des animaux constituent une problématique de plus en plus importante pour les gens. Face à un tel retentissement, les autorités de Yulin ont interdit les massacres publics et ont même été jusqu’à prétendre auprès de la presse internationale qu’un tel festival tenait du mythe… Mais d’après l’Associated Press, la « fête » existe évidemment et ces nouvelles règles posent même problème aux restaurateurs, qui pestent face à l’obligation de tuer les animaux « en cachette ».

Les réseaux sociaux à l’attaque

Le mois dernier, près d’un million de personnes a utilisé le hastag #StopYulin2015. Cette semaine, l’humoriste britannique Ricky Gervais, soutien de longue date de l’ONG Humane Society International a posté une photo d’un chien couvert de baisers faits au rouge à lèvres, avec cette phrase « Les seules marques que l’on doit laisser sur le corps d’un chien« .

Les pétitions se sont multipliées, comptant jusqu’à présent près de 700 000 signatures. Les vidéos montrant la réalité du festival ont été vues sur Youtube près de 500 000 fois. Peter Li, professeur de sciences politiques spécialiste de l’Asie et conseiller politique de l’ONG Humane Society, a raconté dans le South China Morning Post sa visite à Yulin le mois dernier : « J’ai vu une ville entière se préparant pour le massacre annuel. Un abattoir situé à côté du plus grand marché de la ville venait de recevoir une nouvelle « cargaison » de chiens envoyés depuis le Sichuan. Les animaux étaient émaciés, déshydratés et terrifiés. Dans deux autres abattoirs cachés dans des quartiers résidentiels, j’ai pu voir des dizaines de chiens et de chats, portant des colliers, manifestant des comportements d’animaux de compagnie. Ce massacre est une insulte très grave faite à la communauté, qui gagne en ampleur en Chine, des défenseurs des animaux.

Outre la problématique animale, le risque de rage est extrêmement élevé, compte tenu de la concentration d’animaux dans des lieux sales et exigus. La Chine est le deuxième pays au monde à compter le plus grand nombre de décès dus à la rage, et la province de Guangxi est la plus touchée, d’après le ministère de la Santé chinois. Enfin, Yulin fait partie des 10 villes comptant le plus de cas de rage chez les humains. Bref, c’est l’une des villes les plus sales du pays. Peter Li expliquait ainsi au New York Times : « Plus encore qu’une affaire de bien-être animal, c’est réellement un problème de santé publique. Le danger est réel : les chiens arrivant sur les marchés sont souvent malades, mourants voire déjà morts. Ils ont des puces, des parasites, et leur viande est ensuite consommée. Imaginez les conséquences sur les gens, même ceux qui ne mangent pas forcément cette viande« .

Cas de conscience en Chine

En Chine, la viande de chien a longtemps été considérée comme un met de qualité apprécié. Aujourd’hui, face au scandale, on trouve autant de gens réclamant l’interdiction du festival que de personnes souhaitant qu’il perdure. On assiste à une opposition très nette entre « Anciens » et « Modernes », entre  Chinois qui se réclament des moeurs occidentales et sont attachés au bien-être d’animaux domestiques, et ceux qui estiment que les coutumes, avant tout, doivent être respectées.

Les autorités sanitaires de Yulin songent très sérieusement à annuler le festival pour des raisons de salubrité publique. Mais cela sauvera-t-il pour autant les milliers d’animaux agonisants dans des abattoirs sordides ? Qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Si les ONG et les associations chinoises, de plus en plus nombreuses, rachètent régulièrement autant d’animaux que possible, tous ne connaissent pas ce sort heureux, ailleurs, à d’autres périodes de l’année. Et les traditions, elles, continuent à survivre en Chine, comme elles l’ont fait pendant des siècles.

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2 Responses

  1. Quelle atrocités que vont ils devenir j’espère que sa s’arrêtera un jour. Pauvres loulous pourquoi tant de souffrances pourquoi doivent ils subir la cruauté de l homme des hommes

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