What are you looking for?
Vivre avec nos animaux : vers une meilleure compréhension mutuelle
10 juillet 2015
2990 visites

Vivre avec nos animaux : vers une meilleure compréhension mutuelle

Sous l’égide de DogConseil, DogEvent a organisé du 14 au 17 mai une conférence de 4 jours sur l’étude des comportements canins et des méthodes d’éducation canine. Les deux organisateurs qui portaient ce projet, Perrine Hubert (The Dogs Compagnie) et Benjamin Bonhomme (DogConseil et ZenDog), ont invités cette année trois conférenciers de renom : Dr Susan Friedman, Kathy Sdao et Ken Ramirez. Etaient présents également pour 6 différents ateliers de 75 minutes, Chirag Patel, Kelly Gorman Dunbar, Jo Rosie Haffenden, Joey Iversen, Sally Hopkins et Jean Lepagnol.

Nous avons choisi de présenter ici trois résumés des conférences les plus instructives sur le plan relationnel avec les chiens. Ils ont été rédigés par le docteur Antoine Bouvresse, vétérinaire comportementaliste (http://veterinaire-comportement.blogspot.fr/), et Sonia Kischkewitz, éducateur canin et comportementaliste (www.sodog.fr)

Résumé de la conférence du Dr Susan Friedman « Vivre et apprendre avec les animaux »

Les méthodes éducatives traditionnelles sont en place depuis très longtemps. Il existe donc une sorte de culture autour de ces méthodes éducatives. Ces connaissances, qu’une grande partie du public partage, présentent une certaine forme d’inertie : en effet il faut souvent des années avant qu’elles ne soient remplacées par des données scientifiques tangibles et factuelles.

Les problématiques comportementales peuvent être abordées selon trois modèles différents. Le modèle médical, le modèle éthologique et le modèle comportemental.

Dans le modèle médical on s’intéresse aux symptômes, le but étant d’aboutir à un diagnostic, un traitement et une guérison.

Dans le modèle éthologique, le comportement qui nous intéresse est le résultat d’une adaptation génétique, par sélection naturelle, au cours des générations. Le but est de savoir quel est l’avantage sélectif, reproductif d’un comportement à l’échelle des populations.

Dans le modèle comportemental on s’intéresse à des individus : le comportement d’intérêt est alors le résultat d’expériences et d’interactions avec l’environnement.

La génétique d’un individu ne peut pas à elle seule déterminer comment il va agir. C’est l’interaction entre l’individu, son environnement et les renforcements qu’il y trouve qui vont déterminer son comportement. On recherche souvent le pourquoi d’un comportement. Cette quête incessante du « pourquoi » n’a pas toujours de réponse si ce n’est d’évoquer le fait que ce comportement est renforcé. C’est ainsi que l’on se crée de nombreuses constructions mentales pour trouver à tout prix une explication. C’est le cas par exemple de la théorie du chien « dominant »qui explique les comportements inappropriés. Ces étiquettes sont dangereuses et nous privent de toute compréhension. Par exemple lorsqu’un chien a présenté un comportement agressif, on peut essayer d’analyser cette séquence comportementale. Mais si l’on donne à ce chien l’étiquette « chien agressif » on lui attribue un « label » qu’il risque de garder comme faisant partie de ses caractéristiques d’individu. Ces labels sont invérifiables et basés sur un raisonnement circulaire : « Pourquoi a-t-il mordu ? Parce qu’il est dominant ! Comment sais-tu qu’il est et dominant ? Parce qu’il a mordu ! » Ces étiquettes conceptuelles peuvent ainsi devenir des prophéties auto-réalisatrices car l’on crée un environnement qui induit le comportement.

Pour modifier un comportement, il suffit bien souvent de changer les conditions, l’environnement.

Les deux paradigmes de l’apprentissage

Le docteur Susan Friedman a insisté sur le fait que le terme de conditionnement, habituellement réservé aux animaux, pouvait être remplacé par le terme apprentissage, plus gratifiant.

Dans le conditionnement classique, ou conditionnement répondant, il y a une réponse inconditionnelle, réflexe, qui survient en présence d’un stimulus inconditionnel. Par exemple un chien salive lorsqu’il a un aliment dans la bouche. Si un autre stimulus neutre se produit de façon répétée et proche de cette chaîne réflexe, alors la réponse inconditionnelle de salivation se produira lorsque le stimulus neutre surviendra seul. C’est la fameuse cloche qui fait saliver le chien de Pavlov à elle seule, parce qu’elle a pendant longtemps été associée à la présentation de nourriture.

Dans le conditionnement opérant, ce sont les conséquences d’un comportement volontaire qui vont déterminer si celui–ci sera renforcé ou supprimé à l’avenir. Ces conditionnements opérants sont présents à chacun de nos actes. On parle de renforcement lorsque la probabilité de survenue d’un comportement est augmentée par des conséquences agréables. On parle de punition lorsque la probabilité de survenu d’un comportement diminue.

Travailler sur le comportement des animaux pose des questions éthiques

En tout état de cause, l’efficacité n’est pas un critère acceptable à lui seul. Cela signifierait par exemple d’accepter de jeter un chien dans l’eau alors qu’il en a très peur pour qu’il apprenne par immersion. L’efficacité immédiate sera là : le chien nagera. Mais d’un point de vue éthique les états mentaux de ce chien seront certainement mauvais. De plus les apprentissages à long terme iront vraisemblablement dans le sens de la sensibilisation croissante à l’eau.

Il est important que les méthodes éducatives choisies pour un cas précis ne soient pas intrusives. On parle dans ce cas de niveau de contrôle de l’apprenant : plus un élève peut décider de la manière de travailler et de son environnement, plus ses apprentissages seront renforcés. C’est l’inverse de l’impuissance apprise où l’animal, qui ne maîtrise aucun paramètre de son environnement, est soumis sans cesse à une série de stimuli jusqu’à ne même plus essayer de les éviter même lorsque la possibilité de fuir est restaurée (Seligman et Maier, 1967).

On pourrait proposer une échelle de différentes méthodologies pour réduire un comportement (Alberto & Troutman, 1999):

Niveau 1 : Renforcer des comportements alternatifs. C’est le niveau le plus socialement acceptable et conserve à l’apprenant un haut degré de contrôle.

Niveau 2 : L’Extinction.

Niveau 3 : Pause (timeout) dans les renforcements positifs.

Niveau 4 : Punition positive. Ce niveau est le moins acceptable socialement et donne le niveau le plus bas de contrôle à l’apprenant.

Les procédures intrusives (punitions) ne devraient être utilisées qu’après un échec de procédures moins intrusives effectuées par une personne compétente.

Ex : faire rentrer un animal dans un enclos à l’aide de bâches lorsque les techniques de façonnement du comportement (shaping) ont échoué.

On peut également utiliser le stimulus le moins renforçant (LRS) : Lors du travail avec un animal lorsque celui-ci donne une réponse inappropriée à un signal, on fait une micro pause (timeout). On demande d’autres comportements plus simples que l’on renforce pour créer une dynamique de comportements. Ensuite on demande à nouveau le comportement manqué et renforce la réponse correcte.

On peut analyser une séquence comportementale et comprendre les conditionnements qui y sont reliés en utilisant la méthode A B C.

A= Antécédents

B = Behavior (Le comportement en lui-même)

C = Conséquences

Par exemple un chien mord son maître qui s’approche de la gamelle :

A= le maitre s’approche

B= morsure

C= Le maitre s’écarte.

Le fait que le maître s’écarte lorsqu’il se fait mordre renforce nécessairement ce comportement.

Lorsque l’on souhaite modifier un comportement il faut repérer le comportement observable, ses conditions d’apparition, quels sont les renforçateurs, les conditions de non-présentation de ce comportement (succès de l’animal) et se demander ce que nous voulons que l’animal fasse à la place.

Lorsque l’on souhaite modifier un comportement il ne faut pas se demande comment faire pour que ce chien arrête de sauter quand j’ouvre la porte : il faut se demander quel est le comportement que je veux voir faire par mon chien à la place lorsque j’ouvre la porte.

Dans une séquence comportementale on peut conserver les mêmes conséquences (C) et remplacer le comportement (B).

Pour faciliter l’apparition d’un comportement on peut arranger l’environnement. Il faut toujours commencer à travailler dans des situations contrôlées de réussite : au début dans un environnement calme, sans personnes inconnues, des conditions favorables (hauteur du perchoir par ex.), avec un animal que l’on a rendu disponible et attentif (ayant mangé, bu, fait ses besoins, ayant pu se promener…),. Il faut essayer de nombreux renforçateurs qui seront pertinents pour cet individu précis. Une relation de confiance entre une personne et l’animal pourra éventuellement faciliter l’apparition du comportement plus efficacement.

Résumé de la conférence de Kathy Sdao « Les erreurs à éviter »

dog event comportement canin vétérinaireKathy Sdao a appris de ses erreurs et a évolué dans sa carrière d’entraîneuse pendant 30 ans. Elle tient à son tour à nous mettre en garde contre certains pièges et erreurs à éviter avec nos animaux.

Son travail repose tout d’abord sur la sécurité physique des personnes et de leur animal. Il s’agit également de ne pas provoquer de souffrance psychologique sinon la mise en place de nouveaux comportements s’avère impossible. On ne peut pas éliminer totalement la menace et la force, il faut en être conscient et le faire volontairement tout en les minimisant (ex : resserrer la laisse pour traverser).

Souvent il faut redonner confiance aux gens et/ou à l’animal à travers l’autonomisation et la responsabilisation, montrer aux chiens qu’ils peuvent avoir un impact sur leur environnement.

Il faut aussi être conscient de ce que l’on va renforcer et donner des choix pour agir différemment. Sa manière d’éduquer repose sur une certaine philosophie de vie. L’important n’est pas tant la rapidité ou la parfaite exécution d’un comportement que de donner au chien l’envie d’apprendre. Il s’agit d’éduquer avec la tête et le coeur.

Il faut, selon elle, dépasser la polémique du renforcement alimentaire. C’est un moyen de renforcer une relation et une communication mais ce n’est pas le seul moyen. Il ne s’agit pas de priver l’animal de nourriture pour augmenter la valeur du renforçateur. Il existe de nombreux autres renforçateurs pouvant remplacer la nourriture. On peut cependant utiliser ce renforçateur primaire tout au long de la vie du chien.

Kathy Sdao fait une analogie avec le jardinage. Plutôt que de devoir utiliser des herbicides chimiques ou un lance flammes pour éliminer des mauvaises herbes (comportements), il suffit de planter nos fleurs (bons comportements) plus densément pour les voir pousser harmonieusement. Avec un herbicide on empoisonne tout. On peut changer et contrôler l’environnement en tant qu’éducateur et utiliser des renforçateurs efficaces afin de développer les bons comportements.

Au cours du bilan que l’on fait avec les propriétaires, il faut parler de l’importance du renforcement des comportements désirés afin de changer le répertoire de cet animal. Le mauvais comportement est souvent le résultat du manque d’informations, de motivation ou de pratique (Dr Friedman). Plutôt que de demander aux propriétaires quels comportements ils aimeraient voir cesser, il faut se demander quel comportement voudraient-ils que leur chien présente à la place du comportement indésirable, et le renforcer.

Selon elle, la gamelle est trop utilisée. Le repas du chien devrait se faire 1/3 en gamelle, 1/3 dans des jouets distributeurs, 1/3 comme récompense dans l’éducation.

On manque souvent des occasions de capturer les bons comportements et de créer de bonnes habitudes. Renforcer les bons comportements doit devenir une seconde nature.

Il existe 10 façons différentes d’obtenir un comportement :

– mouler le comportement (on met le chien dans la position)

  • l’inciter au mouvement par le déplacement de notre corps ou le leurre
  • le ciblage (targeting)
  • la capture
  • le façonnement (shaping), le plus important pour elle
  • le conditionnement classique : on ne crée pas de nouveaux comportements mais on travaille sur de nouveaux stimuli déclencheurs de comportements
  • enlever les inhibitions : les comportements apparaîtront alors
  • le modelage/copie
  • les instructions verbales (pour les humains en s’adaptant à l’apprenant et ses compétences)

Le rôle de l’entraîneur est de renforcer les bons choix du chien en lui donnant des renforcements positifs compréhensibles et de contrôler l’environnement afin de faciliter les choix du chien. Il vaut parfois mieux barrer l’accès au canapé, marquer et renforcer lorsque le chien va de lui même dans son panier plutôt que de tout le temps dire « non ».

D’après Skinner, enseigner c’est arranger les éventualités de renforcement pour faciliter l’apprentissage.

Après avoir défini les conditionnements classiques et opérants, Kathy Sdao nous rappelle que le timing est très important.

Dans le cas du conditionnement classique lors de conditionnement simultané (cloche et nourriture en même temps) le chien va ignorer le stimulus le moins important (la cloche).

Il faut faire attention également au conditionnement rétroactif (cloche après la nourriture). Si l’on présente de la nourriture à un chien réactif pour détourner son attention d’un autre chien alors qu’il ne l’a pas vu et qu’il verra après avoir mangé, la nourriture aura alors pour conséquence d’annoncer un chien. Il risque même d’éviter ensuite la nourriture.

La séquence correcte serait : vision de l’autre chien => tourne la tête pour avoir le renforcement positif => renforcement positif

On peut associer un émotionnel positif à un objet : coupe griffe => gamelle. (Conditionnement de trace).

Si le chien n’aime pas un de ses jouets on peut faire : jouet avec peu de valeur => présentation jouet préféré, afin qu’il apprécie son autre jouet.

Le conditionnement classique peut changer la valeur des renforçateurs et des punitions. Un rat peut aller appuyer régulièrement de lui même sur un levier délivrant un choc électrique pour recevoir de la nourriture car la punition positive amène un renforçateur. Le choc perdra alors ses propriétés aversives. Par contre si le choc arrive ½ s après la nourriture celle-ci peut devenir aversive.

C’est comme lorsqu’un chiot ronge les pieds de la table : on donne une punition positive pour qu’il arrête puis un renforcement positif pour récompenser le fait qu’il ait arrêté. La punition positive devient alors un renforcement positif.

Tout comme donner un kong rempli de nourriture uniquement avant notre départ sera synonyme de départ et solitude.

Il faut absolument séparer les renforçateurs et les punitions pour ne pas amener de confusion. On ne donne pas de punition positive au chien lorsqu’il saute pour ensuite clicker et renforcer lorsqu’il s’assoit car s’il on renforce un chien immédiatement après l’avoir puni cette punition devient un renforçateur. Une autre erreur est de confondre amical et sûr. Ce n’est pas parce qu’un chien est très familier avec les inconnus qu’il ne pourra pas essayer de tuer un autre chien.

Souvent nous pensons que c’est l’intensité du signal qu’on emploie qui va influencer le comportement alors que pour le chien ce sont les conséquences qui comptent. Les chiens ont parfois du mal à discriminer nos signaux. Ceux-ci doivent être le plus clairs, précis et compréhensibles en utilisant toujours le même mot avec la même tonalité.

Plus un comportement aura été renforcé de manière intermittente et plus il sera résistant à l’extinction. De nombreux problèmes de comportements sont maintenus à cause de récompenses aléatoires. (ex : on donne à manger au chien à table de temps en temps). Attention on ne click pas plusieurs comportements en ne donnant qu’une friandise. Intermittent veut dire que l’on ne va pas clicker et renforcer chaque comportement. C’est en enlevant toute possibilité de réponse à l’animal que nous créons des comportements anormaux (détresse acquise). Le contrôle est un renforçateur primaire.

Les chiots doivent apprendre que leurs comportements comptent et qu’ils peuvent influer sur leur environnement. Nous devons leur permettre la responsabilisation et l’autonomisation (empowerment).

Résumé de la conférence de Ken Ramirez « La recette du parfait entraineur »

Ken Ramirez a formé de nombreux entraîneurs au cours de sa carrière. Selon lui pour être un bon entraineur il faut prendre son temps et faire les choses étapes par étapes. Il fait beaucoup de jeux avec les entraîneurs sans animal pour mieux observer, utiliser un clicker, donner une friandise efficacement, afin d’améliorer leurs compétences.

Il a établi un plan d’entraînement en différentes étapes pour former les entraîneurs.

Pour être un bon entraîneur il faut déjà acquérir des compétences de base et s’entraîner suffisamment avant de passer à l’étape d’après afin d’obtenir de meilleurs résultats sur le long terme.

Il faut connaître non seulement l’espèce/race mais aussi l’individu qui peut avoir des besoins différents d’un autre. On va ensuite construire une relation à travers laquelle nous repérerons les nombreuses opportunités de renforcements dans la vie quotidienne.

L’éducation ne se limite pas à des séances d’entrainements. L’animal apprend 24h/24. En effet, l’animal apprend même en notre absence (personne qui frappe à la porte). Il faut être conscient des interactions informelles pour gérer l’environnement et les apprentissages de l’animal.

On va ensuite apprendre des comportements simples de base à l’animal (assis, couché, etc.) en utilisant un marqueur clair et un bon timing.

Une fois que l’éducateur sait gérer un chien au quotidien il va pouvoir élargir ses compétences avec des chiens déjà entraînés. Il va pouvoir travailler sur la socialisation et travailler avec de la distraction. L’entraîneur doit également apprendre quoi faire en cas de réponse incorrecte de la part de l’animal. A ce niveau de formation l’entraîneur ne peut pas utiliser de timeouts, de renforçateurs négatifs ou des punitions. Le jeune éducateur devra d’abord ignorer les mauvais comportements avant de pouvoir utiliser la redirection ou le timeout (brève pause lors de la séance de travail lorsque l’animal fait une erreur = pas de click, on attend 1 à 2s puis on demande un autre comportement plus simple à l’animal que l’on va pouvoir cliquer et récompenser).

Au bout de plusieurs semaines l’entraineur va pouvoir accéder à des bases avancées en apprenant des outils supplémentaires. Il va pouvoir apprendre à l’animal d’autres comportements comme suivre une cible, le rappel, aller sur son tapis, donner la patte, etc.).

Même si la tenue de dossiers peut sembler rébarbative l’éducateur doit s’astreindre à cette rigueur afin que cela devienne une habitude. On doit pouvoir se référer à un suivi de comportement ou aux programmes de façonnement si nécessaire.

Les étudiants doivent apprendre toutes les techniques : capture, leurre, cible, manipulation, façonnement, etc. à travers un plan de formation. (cf le livre de Karen Pryor, Don’t shoot the Dog! pour comprendre le principe du façonnement ou shaping décrit en 10 lois).

L’entraîneur doit pouvoir connaître, conditionner et utiliser de manière variée différents types de renforcement.

A ce niveau de l’apprentissage l’étudiant peut utiliser avec parcimonie d’autres plans d’actions (extinction, redirection, timeout, renforcement négatif, punition, etc.) en cas de réponse incorrecte produite par l’animal, ignorer le comportement non souhaité restant la réponse à privilégier.

L’étudiant doit ensuite apprendre différents plans de résolution de problèmes ainsi que de nouveaux comportements à l’animal (chaines de comportements par ex.).

La formation continue ainsi que l’auto-évaluation et la révision des bases quelque soit le niveau sont nécessaires pour les entraineurs.

Un super entraîneur s’appuie donc sur la science et des bases solides. Il doit savoir utiliser les techniques appropriées face à un individu particulier (le propriétaire et le chien) sans dépasser ses compétences et les leurs. Il doit surtout savoir placer les besoins de l’animal en premier.

Résumé de la conférence de Ken Ramirez « Utiliser le renforcement positif au travail »

chien dog event vétérinaire comportementalisteUn entraînement efficace repose sur le renforcement positif ainsi qu’une bonne relation, des objectifs clairs, une bonne communication, un bon timing et l’absence de punition. Le chien doit considérer le travail comme un jeu tout comme les employés doivent prendre du plaisir sur un lieu de travail agréable.

En aucun cas le management doit s’appuyer sur la peur, la menace ou l’agressivité. Au contraire l’approche moderne que ce soit dans l’éducation des enfants ou dans le management d’équipes se veut respectueuse à travers une relation de confiance dans un environnement positif.

Le renforcement positif dans le travail ne fait malheureusement pas partie de notre culture. Nous préférons bien souvent critiquer et nous focaliser sur le négatif, les erreurs et problèmes.

Selon Ken Ramirez, il faut revenir à l’ABC du comportement (Antécédent/déclencheur, comportement, conséquences). Les employeurs se focalisent bien souvent sur les antécédents au lieu de se concentrer sur les conséquences et surtout les conséquences positives.

Un des types de conséquence peut être l’utilisation de la redirection : il faut donner un retour immédiat aux employés. Parler de ce qui a été fait il y a longtemps n’a que peu d’effets. Mieux vaut expliquer les choses sans reproches pour ne pas créer de rancoeur. Peut être n’avons nous pas décrit la tâche à effectuer correctement, peut être faut-il revoir les instructions données ? Il ne faut pas hésiter à prendre la responsabilité de mauvaises instructions en mettant son égo de côté. On utilise la redirection en suggérant des tâches différentes pour la prochaine fois. On utilise le renforcement positif pour marquer les efforts et les progrès.

Il faut savoir écouter, trouver les bons mots et passer du temps avec les gens pour comprendre les problèmes auxquels ils sont confrontés. Le manager doit se rendre disponible.

Des compétences en communication sont indispensables. Plutôt que de vouloir avoir raison, critiquer et mettre trop d’émotions dans notre discours mieux vaut être dans l’écoute et le dialogue. Un bon manager doit savoir assumer ses responsabilités, créer une ambiance de travail détendue et des objectifs de travail communs.

Son outil principal est le renforcement positif. Il s’agit d’un véritable effort que de changer notre nature. On a tendance à dire ce qui est bien en premier et rajouter ensuite des « mais». Il faut pouvoir dépasser la simplicité et l’efficacité de la punition car les félicitations immédiates et spécifiques encouragent les employés à faire du bon travail.

Tout comme dans l’entraînement il faut observer les comportements des personnes pour savoir ce qui les motive le plus (faire une pause, avoir une nouvelle tâche, etc.) pour personnaliser le renforcement. Si on note une dégradation c’est sans doute qu’il faut changer le renforçateur ou l’environnement. Certains préfèrent des félicitations publiques d’autres privées. Il faut s’adapter à l’employé.

Le manager doit proposer des objectifs atteignables qu’il va ensuite renforcer. On peut utiliser des checks listes réalisables. Le superviseur donne un retour positif des efforts accomplis lors de réunions ainsi qu’à ses supérieurs. Une note, une carte de remerciements, un « merci, bon boulot » s’avèrent efficaces tout comme discuter de choses et d’autres ou d’intérêts communs pour favoriser une bonne relation.

L’utilisation du renforcement positif demande des efforts au départ puis devient une habitude de vie permettant d’être un meilleur manager, leader, partenaire ou parent.

Pour aller plus loin :

Whale Done!: The Power of Positive Relationships, Ken Blanchard

Bringing Out the Best in People, Aubrey Daniels

The 7 habits of highly effective people, Stephen R. Covey

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

One Responses

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

* = Champ requis