What are you looking for?
Des chiens renifleurs pour dépister le cancer du sein
16 décembre 2016
1654 visites

Des chiens renifleurs pour dépister le cancer du sein

Le cancer du sein pourrait tuer plus de 5 millions de femmes par an dans le monde d’ici 15 ans. D’où une urgence à développer les méthodes de dépistage précoces efficaces et fiables.

On le sait, les chiens ont un odorat qui défie l’imagination : ils sont en effet capables de sentir près de 10 000 odeurs, dix fois plus qu’un humain.

Depuis le début des années 2000, les Etats-Unis utilisent déjà des chiens renifleurs pour détecter notamment les cancers de la prostate. Mais depuis l’automne 2015, l’Institut Curie chapeaute un projet qui a pour nom de code KDOG. Né des travaux d’Isabelle Fromantin, infirmière à l’Institut, spécialiste en plaies et cicatrisations devenue docteur en sciences et ingénierie, il vise à proposer une solution complémentaire de dépistage du cancer du sein, alternative à la mammographie de première intention, qui passe par la détection grâce à l’odorat des chiens.

L’hypothèse d’Isabelle Fromantin est la suivante : il est possible de détecter le cancer par les composés volatiles, qui agissent comme biomarqueurs. Fiable, non-invasive, simple, et peu coûteuse, les avantages d’une telle méthode sont évidents.

Grâce à une campagne de crowdfunding, KDOG a reçu près de 100 000 euros de fonds financiers. L’équipe de recherche est composée de chimistes, chirurgiens, pathologistes, anesthésistes, infirmiers, ingénieurs et bien sûr éducateurs canins, puisque la première étape consiste à dresser les chiens à la détection de l’odeur. Ainsi, depuis début novembre, deux malinois prénommés Thor et Nykios sont entraînés à Magnac-Laval, en Haute-Vienne, sur des échantillons de tumeur afin qu’ils identifient l’odeur. Au fur et à mesure, le travail va s’affiner, de façon à ce qu’à terme, les chiens puissent détecter la présence d’un cancer sur un simple bout de tissu qui aurait été en contact avec un sein.

Les échantillons sont prélevés à l’Institut Curie puis envoyés au centre d’éducation. Jamais les chiens ne sont en contact avec les patientes. Les comportements des chiens sont filmés, de façon à ce que l’équipe puisse évaluer leur travail dans les moindres détails ainsi que leur progrès. Lorsque Thor et Nykios auront atteint l’objectif attendu, l’équipe entamera une étude clinique pour valider les tests sur un pool de patients.

Si le diagnostic s’avère positif, les examens complémentaires seront exactement les mêmes qu’à la suite d’une mammographie positive.

Isabelle Fromantin ne cache pas que si le projet rencontre le succès médical espéré, cela pourrait ouvrir la porte à la détection précoce d’autres affections plus difficiles à diagnostiquer, comme le cancer des ovaires, qui reste aujourd’hui très coûteux et invasive, et souvent réalisé très tardivement.

Plus d’informations

Le site officiel du projet KDOG : http://www.kdog.fr/

La Page Facebook : https://www.facebook.com/KDOG.CancerDetectGroup/

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

One Responses

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

* = Champ requis