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Abattoirs : vote surprise de l’Assemblée pour la vidéo-surveillance
13 janvier 2017
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Abattoirs : vote surprise de l’Assemblée pour la vidéo-surveillance

L’Assemblée nationale a voté de façon inattendue jeudi soir l’obligation d’installer des caméras de surveillance dans les abattoirs à partir de 2018, souhaitée par les radicaux de gauche et les associations de protection animale.

On se souvient qu’après la diffusion des images chocs par l’association L214 en 2016, une commission d’enquête parlementaire avait été ouverte sous la présidence du député radical de gauche Olivier Falorni. Au coeur des préconisations des députés, à l’issue de leurs travaux : la question de la vidéo-surveillance dans les abattoirs (relire notre article sur les conclusions de la commission).

Le député et son groupe des radicaux de gauche à l’Assemblée ont alors élaboré une proposition de loi pour mettre en place, entre autres, ce dispositif. C’est à la surprise générale, et malgré la prudence du Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, qui invoquait « la crise de l’élevage » et « le respect des travailleurs des abattoirs », que cette proposition de loi a été adoptée par les députés.

Celle-ci propose qu’à partir du 1er janvier 2018, et à l’issue d’une expérimentation, « des caméras (seront) installées dans tous les lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort des animaux« . Les directions des abattoirs ne pourront par avoir accès aux images enregistrées, à la différence des responsables de protection animale désignés dans les établissements ainsi que des services de l’Etat de contrôle vétérinaire.

L’expérimentation devra permettre « d’évaluer l’opportunité et les conditions de la mise en place » des caméras, ont fait préciser les socialistes via un amendement à ce texte examiné en première lecture.

Il est cependant loin d’être certain que la proposition de loi puisse être définitivement adoptée d’ici à la fin de la législature dans six semaines. Stéphane Le Foll a souligné que des « discussions étaient déjà lancées pour mettre en place des expérimentations. Actons le fait que ça va se généraliser« .

Opposition de la droite et du centre

Malgré l’opposition de quelques députés de droite et du centre, qui pronostiquent déjà que « les petits abattoirs disparaîtront » compte tenu de cette nouvelle charge, l’obligation d’installer des caméras a été adoptée. Les radicaux de gauche se sont félicités de ce vote alors que l’affaire partait « mal engagée » après un examen difficile en commission en décembre.

Unanimes dans la dénonciation des actes de cruauté envers les animaux, les élus s’étaient divisés sur la question de la vidéo dans les abattoirs, déjà mise en oeuvre notamment en Grande-Bretagne.

L’opinion publique y est massivement favorable, à hauteur de 85% selon un sondage d’octobre.

Dans un courrier commun, dix ONG de protection animale, dont les fondations 30 millions d’amis et Brigitte Bardot, CIWF et L214, avaient mis la pression sur les députés pour qu’ils soutiennent le contrôle vidéo obligatoire afin que la proposition de loi ne soit pas vidée de « toute substance ».

Le syndicat des abatteurs et découpeurs industriels, Culture viande (70 adhérents, 35.000 salariés), avait objecté en vain que « la protection animale à l’abattoir n’est pas une affaire de caméras« , mais « avant tout une question d’hommes, de formation et de bon sens« .

« Je crois plus à la pertinence de lanceurs d’alerte formés et protégés qu’à un système de vidéosurveillance« , avait aussi déclaré à l’AFP Dominique Langlois, patron d’INTERBEV, l’Association Nationale Interprofessionnelle du Bétail et des Viandes, pas hostile cependant à une expérimentation.

Les députés ont par ailleurs supprimé une disposition du texte initial qui prévoyait, dans les abattoirs de boucherie de plus de 50 salariés, la présence permanente d’un agent des services vétérinaires aux postes d’étourdissement et de mise à mort.

« Si on va vers la vidéosurveillance, on ne peut pas en même temps demander à l’Etat de mettre un vétérinaire par chaîne d’abattage », a estimé M. Le Foll.

Un comité national d’éthique des abattoirs sera créé au sein du Conseil national de l’alimentation. Les députés ont aussi voté pour un rapport sur les modalités d’une possible interdiction de l’abattage des femelles en gestation.

Les parlementaires ont également longuement débattu de l’abattage rituel. « Nous sommes en train de travailler avec les cultes« , a noté le ministre.

(avec AFP)

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One Responses

  1. Mais les visites inopinées de parlementaires et la présence de représentants d’associations de protection animale ne sont toujours pas acceptées dans ce comité national d’éthique, comme d’autres mesures essentielles, que résume la note de synthèse de CIWF. Affaire à suivre comme le lait sur le feu, surtout avec le changement de majorité parlementaire qui s’annonce…
    – ABATTAGERITUEL.COM

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