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Oubliez Mozart et le reggae : les chats aiment leur musique !
21 mars 2017
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Oubliez Mozart et le reggae : les chats aiment leur musique !

De plus en plus de refuges et de parcs zoologiques enrichissent l’environnement de leurs animaux en diffusant de la musique. On ignore cependant de quelle façon, positive ou négative, celle-ci peut influencer les animaux.

Une étude de l’université du Wisconsin-Madison démontre que si les chats restent relativement indifférents à la musique humaine, ils semblent plutôt sensibles à de la musique créée spécialement pour eux. (Étude en ligne sur Applied Animal Behavior Science)

« Nous ne répliquons pas réellement les sons des chats », explique l’auteur principal, Charles Snowdon, professeur émérite de psychologie. « Nous essayons de créer de la musique avec une fréquence et un tempo qui attirent les chats.« 

Cliquez sur ce lien pour écouter un extrait de cette musique pour chat !

La première étape pour faire de la musique pour chats est « d’évaluer la musique dans le contexte du système sensoriel de l’animal ». Les chats, par exemple, vocalisent une octave plus élevée que les gens, «il est donc essentiel d’obtenir la bonne hauteur de fréquence. Ensuite, nous avons essayé de créer de la musique qui aurait un tempo attrayant pour les chats. Un échantillon était basé sur le rythme de ronronnement, l’autre sur le son de succion fait pendant l’allaitement. »

Dans ses tests, Snowdon a diffusé quatre échantillons musicaux auprès de 47 chats : deux de musique classique, et deux « Chansons de chat » créées par David Teie, compositeur de l’Université du Maryland.

La musique a commencé après une période de silence, et le comportement du chat a été noté. Le ronronnement, la marche vers le haut-parleur et le frottement contre lui ont été jugés comme positifs, tandis que le sifflement, un dos arqué avec érection de la fourrure étaient jugés négatifs.

Les chats étaient significativement plus positifs envers la musique pour chat qu’envers la musique classique. Ils ont commencé à émettre une réponse positive après une moyenne de 110 secondes, contre 171 secondes pour la musique humaine. Les réponses lentes reflètent la situation, dit Snowdon. « Certains d’entre eux ont dû se réveiller et faire attention à ce qui se passait, et certains étaient sortis de la pièce quand nous avons mis la musique en place.« 

Les chats ont montré presque le même nombre de réponses aversives à chaque type de musique.

L’étude fait suite à un rapport de 2009 de Snowdon et Teie, qui a montré qu’un singe de l’espèce tamarin avait répondu émotionnellement à la musique composée spécifiquement pour les primates. Ce travail avait conduit Snowdon et Teie à croire que « les mêmes caractéristiques qui sont efficaces pour induire et communiquer les états émotionnels dans la musique humaine pourraient également s’appliquer à d’autres espèces ». Ces caractéristiques comprennent la fréquence, le tempo et le timbre.

Les études sur les animaux et la musique humaine ont produit des résultats contradictoires, et une étude influente a même prouvé que les animaux n’appréciaient pas la musique.

Alors pourquoi ces différences ? L’un est le problème de la fréquence: les animaux entendent les gammes différemment par rapport aux humains. Les chercheurs qui ont joué Mozart à des rats au Japon ont prouvé que les animaux ignoraient des fréquences inférieures à 4 000 hertz, ce qui signifie que l’essentiel de la musique humaine ne les touche pas.

La deuxième idée fausse est que toute la musique classique serait apaisante, quand elle peut parfaitement être revigorante, triste voire colérique. Regardez Beethoven ^^

Combinés, ces facteurs peuvent éliminer toute chance que les animaux réagissent comme prévu à la « musique » de l’étude. « Le problème est un peu des deux« , dit Snowdon. « Ils ne l’entendent pas, et ce n’est pas de la musique pour eux.« 

Avec plus de gens essayant de « enrichir » la vie des animaux en leur jouant de la musique, Snowdon espère qu’une approche plus sophistiquée et exacte sera mise en place : « Un journaliste de la radio publique nationale était convaincu que son chien aimait le classique, alors il en diffusait sur NPR toute la journée », raconte-t-il. « Un autre type d’une station de rock a pensé que son chien aimait le heavy-metal, alors il a fait de même. C’est assez stupide… Nous ne savons pas encore, dans la plupart des cas, quels sont les effets de la musique sur les animaux. »

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