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Présidentielle : les candidats s’engagent-ils pour les animaux ?
17 avril 2017
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Présidentielle : les candidats s’engagent-ils pour les animaux ?

A moins d’une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, il paraît utile, quand on aime les animaux, de s’interroger sur les prises de position des 11 candidats en lice.

Le site Politique & Animaux, animé par l’association L214 qu’on ne présente plus, s’attache depuis déjà deux ans à compiler les interventions, projets de lois, questions au gouvernement formulés par les parlementaires et personnalités politiques en faveur du droit des animaux, de la lutte contre la maltraitance ou l’interdiction de certaines pratiques cruelles.

Le site est particulièrement intéressant car il établit non seulement un classement entre les candidats, du plus engagé au moins engagé (le meilleur élève étant Jean-Luc Mélenchon, le moins bon étant François Fillon) mais résume également pour chacun les grandes lignes des propositions ou des prises de position sur de multiples sujets.

candidats présidentielle animaux L214

On notera d’ailleurs qu’en matière de défense des animaux, les trois candidats présents sur le podium sont tous… de gauche. Est-ce une surprise ? Les luttes pour le progrès ont, de tous temps, été menées par la gauche, celle pour le respect des animaux n’échappe pas à la règle.

A droite, globalement, hormis Nicolas Dupont-Aignan qui a depuis longtemps manifesté des convictions personnelles en faveur des animaux, disons-le clairement : on s’en tamponne royalement !

On vous offre un petit tour d’horizon qui vous permettra, peut-être, de vous décider si vous hésitez encore d’ici dimanche !

1er : Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise – extrême-gauche)

Mélenchon animaux présidentielle

Le candidat de la France insoumise, qui bénéficie d’une remontée spectaculaire dans les sondages, arrive largement en tête parmi les candidats en matière d’engagement pour la cause animale. Il dénonce le « martyre de la population animale » et souhaite « éradiquer la maltraitance envers les animaux ». Hormis les souffrances des animaux dans les corridas et dans les cirques, le député européen concrétise cet engagement à travers des propositions audacieuses sur le droit animal (inscription dans la Constitution du respect dû aux animaux, politique nationale de stérilisation…), la chasse (il est le premier candidat à répondre au Collectif du 21 septembre : instauration du « dimanche sans chasse », contrôle strict, abolition de pratiques comme la vénerie sous terre, la chasse à courre, les lâchers… ), l’expérimentation animale (il se déclare prêt à « désobéir » pour aller vers la généralisation des méthodes non-animales) et l’élevage (interdiction de l’élevage en batterie, de l’abattage sans étourdissement, réduction de la part des protéines carnées, normes exigeantes dans les abattoirs…). Sa mesure emblématique est la mise en place d’alternatives végétariennes dans la restauration collective. Les prises de parole du candidat, son boycott du Salon de l’agriculture et la réponse de la France Insoumise aux propositions du manifeste AnimalPolitique révèlent un véritable intérêt pour la prise en compte des animaux.

Lire le détail de ses engagements : https://www.politique-animaux.fr/jean-luc-m%C3%A9lenchon

2ème : Benoît Hamon (Parti Socialiste – gauche)

benoit-hamon

Benoît Hamon souhaite garantir le « respect des plus hautes exigences en matière de bien-être de l’animal, en toutes circonstances, et sans exception ». Cet engagement se décline par des mesures concrètes (mise en oeuvre des préconisations de la commission d’enquête sur les abattoirs, disparition progressive de la détention des animaux dans les cirques, politique nationale de stérilisation…) et des orientations plus vagues (favorable au développement des méthodes de recherche non-animales, réflexion sur des « alternatives possibles au gavage », “commission de dialogue” sur l’abattage sans étourdissement, réflexion sur l’instauration d’une option végétarienne dans les cantines, critique de chasses dites “traditionnelles”, des chasses présidentielles et des lâchers d’animaux). Benoît Hamon semble cependant chercher le soutien des chasseurs et refuse de prendre position sur les corridas. Cette dernière semaine de campagne présidentielle sera peut-être l’occasion pour le candidat de sortir de l’ambivalence pour préciser ses engagements dans la perspective d’un véritable projet de protection des animaux.

Lire le détail de ses engagements : https://www.politique-animaux.fr/benoit-hamon

3ème : Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste – extrême-gauche )

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Philippe Poutou est favorable à l’abolition de la chasse à courre et de la corrida ainsi qu’à l’interdiction de la chasse des loups et des élevages en batterie ou pour la fourrure. Philippe Poutou souhaite « un élevage soucieux du bien-être des animaux » et la réduction de la consommation de viande. Le candidat s’est aussi prononcé pour la fin de la détention des animaux sauvages dans les cirques. On peut donc s’attendre à ce que les réponses du candidat sur les 30 propositions du manifeste AnimalPolitique soient fortement favorables aux animaux et augmentent sa notation.

Lire le détail de ses engagements : https://www.politique-animaux.fr/philippe-poutou

4ème : Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France / divers droite )

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Maire d’une ville lauréate du Ruban d’Honneur de la Fondation 30 Millions d’Amis, premier candidat à s’être prononcé sur le manifeste AnimalPolitique et président d’un parti comptant un secrétaire national à la cause animale, Nicolas Dupont-Aignan propose une thématique « bien-être animal » dans son projet, au même titre que la santé ou l’environnement. Bien qu’absent en tant que député lors du vote sur la “loi Falorni” (seule proposition de loi ayant eu pour objet la souffrance animale lors du quinquennat écoulé), le candidat décline une série de propositions en faveur de la protection des animaux d’élevage (vidéosurveillance dans les abattoirs, interdiction de l’abattage sans étourdissement et de l’hippophagie…), des animaux de compagnie (soutien aux refuges, réorientation des subventions, interdiction de la cession d’animaux…). Nicolas Dupont-Aignan souhaite limiter l’expérimentation animale et mettre fin aux élevages pour la fourrure ainsi qu’à la détention des animaux dans les cirques. Bien qu’ayant lui-même signé une proposition de loi d’abolition de la corrida, il ne s’y oppose pas, ni au gavage ou à la chasse par ailleurs, ménageant ces « traditions » et manquant ainsi d’afficher une cohérence d’ensemble de son projet.

Lire le détail de ses engagements : https://www.politique-animaux.fr/nicolas-dupont-aignan

5ème : Jacques Cheminade (Solidarité & Progrès)

Jacques Cheminade a signé 22 des 30 propositions du manifeste AnimalPolitique. Opposé aux corridas et à la chasse à courre, il est favorable à un plan de remplacement des méthodes d’expérimentation animale ainsi qu’à la reconnaissance de la sensibilité des animaux sauvages et à la mise en place d’ alternatives végétales dans la restauration. Le candidat soutient l’interdiction des cages dans les élevages, de l’élevage pour la fourrure et de l’abattage sans étourdissement préalable mais ne condamne cependant pas le gavage, ni la détention d’animaux dans les cirques. Jacques Cheminade soutient également l’interdiction des euthanasies non justifiées médicalement et le rétablissement de l’enseignement du respect des animaux…

Lire le détail de ses engagements : https://www.politique-animaux.fr/jacques-cheminade

6ème : Marine Le Pen (Front National, extrême-droite)

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Marine Le Pen souhaite donner un « réel sens politique » à la protection des animaux dans le cadre d’une « priorité nationale ». Cet engagement se traduit à la fois par une sensibilité affichée et par des avancées (interdiction de l’élevage en cage et de l’abattage sans étourdissement, renforcement de la protection des lanceurs d’alerte, développement des alternatives à l’expérimentation animale, fermeture des fermes à fourrure et ouverture d’un débat parlementaire sur la corrida…). Cette tendance reste relative et se heurte à un maintien affiché du statu-quo : absence d’alternatives végétales dans la restauration, avantages fiscaux et abaissement des normes pour l’élevage, pas d’opposition à la détention d’animaux dans les cirques, soutien aux exportations de foie gras, ainsi qu’un éloge de la chasse. Ces contradictions se retrouvent notamment au sein de son parti entre les propositions du collectif Belaud-Argos, dédié à la cause animale, et les déclarations de son directeur de campagne David Rachline, qui soutient les corridas et qualifie de « parasitaire » la reconnaissance de la sensibilité des animaux. Satisfaire les électeurs sensibles aux animaux tout en ménageant certaines franges de l’électorat rural, c’est tout le paradoxe de la candidate.

Lire le détail de ses engagements (ou absence d’engagement!) : https://www.politique-animaux.fr/marine-le-pen

7ème : Emmanuel Macron (En Marche !, centre-droit)

candidats présidentielle animaux

Si Emmanuel Macron mentionne le « bien-être animal » dans la partie de son programme concernant l’agriculture, le candidat affiche clairement son indifférence à la souffrance des animaux. Favorable aux chasseurs (« j’écoute toujours cette voix » indique-t-il, volonté de réouvrir les chasses présidentielles, participation au congrès de la Fédération Nationale des Chasseurs…), au développement de l’élevage intensif et d’un modèle tourné vers l’export, à l’assouplissement des quotas de pêches… l’ensemble des orientations du candidat constituent un véritable recul. La remise en cause de son engagement de l’arrêt de l’élevage en batterie des poules pondeuses illustre bien l’absence de marge de manœuvre du candidat vis-à-vis des filières. Emmanuel Macron va d’ailleurs jusqu’à afficher devant la FNSEA un certain mépris pour les associations de protection animale. Peut-être une réponse détaillée du candidat au manifeste AnimalPolitique permettra-t-elle de révéler une sensibilité dissimulée à l’égard des animaux ?

Lire le détail de ses engagements (ou absence d’engagement!) : https://www.politique-animaux.fr/emmanuel-macron

8ème : Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière, extrême-gauche)

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Nathalie Arthaud a récemment déclaré que la prise en considération des animaux est une préoccupation progressiste. Elle s’est déclarée à plusieurs reprises en faveur de l’abolition de la corrida et de la chasse à courre mais considère l’expérimentation animale comme indépassable. Les autres positions de la candidate pourront être connues lorsqu’elle se sera prononcée de manière détaillée sur les 30 propositions du manifeste AnimalPolitique.

Lire le détail de ses engagements : https://www.politique-animaux.fr/nathalie-arthaud

9ème : François Asselineau (Union Populaire Républicaine, divers droite)

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François Asselineau a déclaré vouloir « œuvrer pour améliorer significativement le bien-être animal » dans les élevages sans toutefois expliquer davantage. Accordant peu de place à la question animale dans son programme et ses discours, les positions du candidat sur la question animale pourront être connues lorsqu’il se sera prononcé sur les 30 propositions du manifeste AnimalPolitique.

Lire le détail de ses engagements (ou absence d’engagement!) : https://www.politique-animaux.fr/francois-asselineau

10ème : Jean Lassalle (Résistons !, centre droit)

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En quinze années à l’Assemblée nationale, il semble que la seule action parlementaire de Jean Lassalle en faveur de la protection des animaux ait été son soutien à l’abolition du broyage des poussins. En tant que député, il est membre du groupe chasse, subventionne les chasseurs, soutient la chasse aux loups et aux requins ainsi que le braconnage des oies. « On ne peut pas faire cohabiter l’Homme et les animaux en montagne » a-t-il déclaré au congrès de la FNSEA, lorsqu’il était question de la « directive habitats » qu’il souhaite voire supprimée. Le candidat a pris la défense d’un abattoir dont des pratiques ont scandalisé l’opinion et ne s’est pas encore prononcé sur les 30 propositions du manifeste AnimalPolitique.

Lire le détail de ses engagements (ou absence d’engagement!) : https://www.politique-animaux.fr/jean-lassalle

11ème : François Fillon (Les Républicains, droite)

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François Fillon dit souhaiter « améliorer le bien-être des animaux d’élevage et renforcer le contrôle des abattoirs » et « faire de la protection animale une cause nationale ». Hormis une opposition à l’abattage sans étourdissement et une réponse en faveur de la reconnaissance de la sensibilité des animaux sauvages, ces déclarations de principe semblent bien éloignées de ses engagements. En tant que député, il ne laisse aucune trace d’action en faveur des animaux et a notamment été absent lors du vote sur la “loi Falorni” (seule proposition de loi ayant eu pour objet la souffrance animale lors du quinquennat écoulé). Son appui marqué au gavage, à la corrida et à la chasse (faible encadrement, intervention des chasseurs dans les écoles, intégration du Président de CNPT dans son équipe de campagne, participation au congrès de la Fédération Nationale des Chasseurs…), à l’élevage intensif (abaissement des normes, aides publiques, soutien à l’export…) et à l’affaiblissement de l’encadrement des quotas de pêche démontrent un désintérêt réel du candidat pour la protection des animaux et même un certain dédain pour les associations de protection animale.

Lire le détail de ses engagements (ou absence d’engagement!) : https://www.politique-animaux.fr/francois-fillon

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