Analyser les rituels de son animal

Il se met sur le dos, chevauche votre jambe ou urine à chaque coin de rue… mais ne fait que reproduire des comportements naturels destinés à maintenir la paix au sein du groupe social.

Dans la meute, les rituels sont destinés à assurer la stabilité du groupe. Qu’ils s’agisse d’apaisement, de soumission ou de chevauchement, ils établissent et maintiennent la hiérarchie, anticipent et règlent les conflits, et renforcent les liens entre les individus. Habitué, conditionné par les rituels, le chien les introduit tout naturellement dans la relation avec son maître. Ils favorisent même son attachement à ce dernier.

Lorsque le chiot tire sur les babines de sa mère, celle-ci régurgite aussitôt de la nourriture. A l’âge adulte, la reproduction de ce comportement auprès d’un congénère exprime la soumission et appelle l’apaisement. De la même manière, la position sur le dos indique que l’animal propose l’apaisement et la fin du conflit. Cette attitude est acquise dès le plus jeune âge lorsque la mère bloque son petit sur le dos pour lui nettoyer la région périanale.

A l’inverse, un chien qui se place physiquement au-dessus d’un autre et se met à le chevaucher revendique sa dominance. Il attendra la réponse de soumission de son congénère pour mettre fin à cette tension.

Tous ces rituels sont importants et naturellement acceptés par les chiens qui règlent à travers eux leurs rapports sociaux. Il appartient au propriétaire de savoir les identifier et de les anticiper afin d’établir une relation dans laquelle le chien saura où est la place qu’on lui réserve dans la hiérarchie familiale.

Entretenir ses rituels

Par exemple, si vous élevez la voix pour gronder votre chien qui vient de commettre une bêtise, cessez dès qu’il se met sur le dos. Il vous signifie par ce comportement qu’il accepte la remontrance et souhaite mettre fin à la « dispute » en faisant retomber la pression. Poursuivre dans la réprimande serait une erreur qui ne ferait qu’amplifier son stress. Au contraire, si vous acceptez qu’il chevauche votre jambe ou si vous avez pris l’habitude de l’embrasser sur les babines, cela signifiera dans son langage canin que vous avez accepté sa dominance !

Imprégné par les rituels, votre chien interprétera vite comme tels certains de vos comportements répétitifs, même les plus anodins comme celui de lui faire donner la patte pour recevoir de votre main la balle tant convoitée. Chaque famille met ainsi en place ses rituels de manière inconsciente. Et ceux-ci fonctionnent souvent uniquement entre le maître et son chien, ou à l’intérieur du petit groupe social qu’est la famille. A vous d’en déterminer un certain nombre lorsque vous faites entrer un chien dans la maison, a fortiori s’il est adulte.

Apprenez à l’ignorer

Certains chiens pleurnichent dès que leur maître enfile un manteau et fait mine de sortir. Ils expriment ainsi une angoisse développée au fil des préparatifs de sortie. Sans doute le maître a-t-il pris l’habitude de plaindre son chien avant le départ ou, au contraire, de le rassurer. Au point que ce dernier anticipe un stress dès qu’une promenade se profile ! Pour mettre fin à ces jérémiades, il faut ignorer son chien durant le quart d’heure qui précède le départ et au retour. On agira de même avec un chien qui a pris l’habitude de se lécher la patte à longueur de journée, à la suite d’une blessure qui a nécessité soins et câlineries. Car un rituel qui n’apporte pas la réponse attendue disparaît de lui-même.