Prothèse de membre : c’est possible pour les animaux !

A l’instar d’Oscar Pistorius, le désormais célèbre athlète sud-africain aux deux jambes amputées qui a participé aux derniers JO aux cotés des valides, « Happy » a également l’intention de pouvoir profiter à nouveau pleinement de sa vie de chien avec ses congénères valides et sa propriétaire. Et cela malgré l’absence d’une bonne partie de son postérieur gauche. (in l’Essentiel n°273)

Cette chienne, berger des lagunes stérilisée de 7,5 ans, a en effet subi une amputation au niveau du tiers proximal de son tibia gauche à l’âge d’un an suite à un enchevêtrement de sa patte dans une ficelle, qui a conduit cette dernière à la nécrose. Depuis, la chienne se déplaçait sur trois pattes mais a toutefois gardé une bonne musculature de la hanche et une bonne mobilité du genou. Sa propriétaire ne trouvant pas de solution, elle a décidé de venir consulter à l’École Nationale Vétérinaire d’Alfort (CHUVA).

Un moignon apte à recevoir une prothèse

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Unité de Médecine de l’Elevage et du Sport (UMES)

La consultation initiale de chirurgie a permis de confirmer, à l’aide d’une radiographie du grasset, que l’extrémité de l’os était bien à bords nets, et donc le moignon apte à recevoir une prothèse. Suite à cela, la chienne a été transférée à l’Unité de Médecine de l’Élevage et du Sport (UMES), unité qui dispose d’une entité de physiothérapie.

Réalisation de la prothèse

Après un premier contact, il a été décidé de lui fabriquer une prothèse externe sur mesure en faisant appel à un orthoprothésiste humain. Un moulage en plâtre de sa patte a été réalisé, afin de pouvoir obtenir un positif et de disposer d’un élément parfaitement adapté à son membre. Ceci afin d’éviter toute plaie de frottement ou lésion du moignon. Deux « essayages » auront ensuite suffi pour obtenir une prothèse en plastique thermoformable sur laquelle est fixée une lame en matériau composite souple permettant de restituer l’énergie lors de la marche. Un élastique a été rajouté pour permettre d’aider au retour du membre vers l’avant.

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Exemple de prothèse du membre avant du chien

La principale problématique était de savoir si après tout ce temps (près de 7 ans), la chienne allait de nouveau se servir de son membre. Et très étonnamment, dès les premières heures, la chienne s’en est servi pour s’appuyer dessus, comme en témoigne la symétrie des hanches constatée à la radiographie. Ceci a été possible grâce au confort du rembourrage de mousse et un design parfaitement adapté. Le maintien de la prothèse au cours des différents mouvements de l’animal a été résolu par un système de harnais, là encore, spécifiquement dessiné pour la chienne. Cette prothèse constitue une première en France car la longueur de membre postérieur remplacé est importante (24 cm) et le maintien externe efficace, aussi haut au niveau de la cuisse (forme conique de la cuisse et présence de poils).

Des systèmes similaires plus « industriels » existent dans d’autres pays, mais la solution du « complètement sur mesure » apportée ici permet d’améliorer l’acceptation de la prothèse par l’animal et d’augmenter la satisfaction des propriétaires. Il en aura couté environ 800 € à la propriétaire, pour un travail à la fois long et minutieux dont le résultat dépasse les espérances !

Pour plus de renseignements, contacter l’UMES au : 01 43 96 70 31.