Emotions dominicales

Maow. Je tiens à présenter mes excuses pour ma si longue absence. C’est que l’hiver, lui aussi, a été long. Et moi, quand il fait un froid pareil, je fais comme les ours, ou certaines loutres : j’hiberne. Et à en croire la quantité de photos prises par mes maîtres dans mes moments d’extase inconsciente, il semblerait qu’il y ait quand même des choses à en dire. Ceci sera pour une autre fois.

McMorning Mouse

J’ai profité, comme tout le monde, du retour triomphal du soleil dans nos contrées. Rien que la perspective de me rouler sur les dalles de la terrasse chauffées à blanc, j’en avais les moustaches qui frétillaient.

J’ai commencé par fêter l’évènement dignement en me payant une petite partie de chasse à la souris. Tôt le matin, à la fraîche. Aaaah… la bonne heure. Bingo au bout de 20 minutes de chasse! La preuve que je n’ai pas perdu la griffe.

Trop heureux de ma prise, je l’ai apportée aux pieds de mon maître, directement devant son lit, comme un héros dépose son épée aux pieds de son seigneur (et maître). Je crois néanmoins que le cadeau n’était pas à sa hauteur, si j’en juge rétrospectivement par sa mauvaise humeur et son excès de décibels.

J’avoue. Elle n’est pas très grosse. La prochaine fois, je ferai mieux !

Petits d’hommes

Décidément, mon dimanche n’allait pas se dérouler comme je l’avais prévu. Deux éléments perturbateurs se sont invités chez moi.

Une première chose, que je n’avais jamais vue au cours de mes pérégrinations. Une chose dont j’avais entendue parler, mais que je n’avais jamais approchée : des petits d’hommes.

Vous me direz, comment un chat comme moi sait-il reconnaître des petits d’hommes. Mais c’est qu’ vous m’ prenez pour un Sphynx ! Je sors, moi, m’ssieurs-dames ! Fi du salon! Et j’observe. De plus, je connais particulièrement bien l’espèce humaine avec laquelle je m’entends si bien. Plus qu’avec mes congénères félins, avec lesquels ça se termine souvent mal. Enfin bref.

C’était donc bien des petits d’hommes. Trois. Un grand, à poil brillant et aux yeux bleus, qui courait presque autant que moi quand je poursuis un intrus. Celui-là se tenait bien sur ses deux jambes. Et deux autres, toutes petites, qui me faisaient l’effet de tortues renversées sur le dos. A les voir dormir tout l’après-midi au soleil, ne s’éveillant que par intermittence pour babiller ou demander à manger, j’aurai pu les prendre pour des chats. Mais l’odeur ne collait pas. Ca sentait trop l’humain, et une vague odeur de lait. Beuh.  Et puis, elles avaient un je-ne-sais-quoi de ressemblant avecle grand. Je ne me suis pas encore expliqué ce qu’elles faisaient sur le dos. Sans doute une espèce cousine, qui sait.

Néanmoins, ces petits-là ne me disaient rien qui vaille. J’ai d’ailleurs, dans un premier temps, consciencieusement évité toute confrontation en restant à bonne distance.

Une des « tortues » petites d’hommes. Heureusement que le papa était dans le coin. J’aurai parié ma queue rayée qu’elle me l’aurait tiré (ma queue) si on l’avait laissée faire!

Là-dessus, mes maîtres n’ont pas eu de meilleure idée que d’inciter le blond petit d’homme à me caresser. Ma stratégie : feindre l’indifférence. Parfois, ça marche.

Méfiance : celui-ci sait marcher et même courir vite. Observons donc le « prédateur ».

L’indifférence, ça marche… Ou pas. Le petit d’homme n’a rien lâché. Cerné à la fois par mes maîtres et par ce nouveau prédateur, j’ai fait ce que n’importe quel chat doit savoir faire s’il veut manger à sa faim : je me suis soumis. Eh oui. Pour être chasseur, on n’en est pas moins chat, donc un peu intéressé et surtout paresseux. C’est ça, la vie des grands fauves.

Sous le patronage clairvoyant de mon maître, je me suis donc laissé faire. Mais de vous à moi : j’ai un peu flippé (chut, faut pas le dire, pensez à ma légende!)

Perte de mental à l’escalade

Les petits d’hommes partis en fin de journée, le soleil laissait présager encore quelques possibilités de détente. Lassé des lits, terrasses et autres fauteuils, des étagères ou du plan de travail de la cuisine, et des toits les moins hauts, j’ai voulu tester ma détente et mon entraînement à l’escalade, histoire de voir si l’hiver ne m’avait pas « cuit ». Mais, las, le 2ème élément perturbateur m’a surpris :  une fois dans l’arbre, aucun mental. Rien. Nothing. Niet. Niets. Nada. J’ai honte de le dire, mais j’ai même pleurniché comme un chaton devant mes maîtres et les derniers invités hilares. Les salauds. Il a donc bien fallu que je me débrouille seul.

Ici, vous voyez immortalisé ce moment cruel et abominable où le coeur se serre, où l’esprit fait face à une réalité inéluctable : ça va être la merde pour redescendre.

Je vous épargne les longs moments de réflexion, où j’ai fait le tour tant bien que mal pour tenter de trouver une issue confortable. Rien à faire, je tournais en rond. Pour descendre d’un arbre, le chemin le plus court, c’est encore de se diriger… vers le bas.

La tête la première, dans le vide. Sans tapis amortisseur, et Maman à 3 mètres. Je l’ai fait !

Qu’on ne vienne plus me parler des vertus apaisantes des dimanches à la campagne. Pour un peu, je re-déménagerai bien en ville ! Non je déconne. La vie est cool ici. Mais point trop n’en faut. Repos.

C’était vraiment trop d’émotions. Dodo à 20h.

La suite au prochain épisode. Maow !