Nos ancêtres étaient des singes… aquatiques !

Une théorie controversée, qui voudrait que les humains descendent de singes amphibies, fait de nouveau parler d’elle parmi les scientifiques.

La théorie du « singe aquatique » soutient donc que des singes primitifs vivant dans l’eau, en seraient sortis au gré de l’évolution, auraient perdu leur fourrure, auraient commencé à marcher sur leurs pattes arrière et ainsi, auraient développé leur cerveau. D’abord considérée avec mépris lors de son émergence il y a 50 ans, cette théorie est aujourd’hui défendue par un groupe de scientifiques renommés, dont Sir David Attenborough (rédacteur scientifique et naturaliste anglais né en 1926, très célèbre en Grande-Bretagne).  La semaine prochaine, ce groupe tiendra une importante conférence de presse afin d’exposer les fondements scientifiques de cette théorie.

aquatic ape theory
La théorie du primate aquatique suggère que de nombreuses caractéristiques propres à l’humain sont explicables par des adaptations à un épisode de vie semi-aquatique.
Crédits : Wikipédia

Peter Rhys Evans, spécialiste de la physiologie crânienne à Londres, est l’un des organisateurs de cette conférence qui s’intitulera « Human Evolution : past, present and future ». Selon lui, les humains sont des primates très différents des autres grands singes : nous n’avons pas de fourrure, nous marchons en nous tenant debout, nous avons de grands cerveaux, une couche lipidique sous-cutanée ainsi qu’un larynx abaissé, ce qui typique des animaux aquatiques.

Selon les différentes théories de l’évolution, ces traits seraient apparus à des périodes différentes, pour des raisons différentes. Mais selon la théorie des singes aquatiques, ces caractéristiques se seraient développées parce que nos ancêtres ont choisi de vivre dans l’eau ou près de l’eau pendant des milliers d’années.

C’est le biologiste britannique Sir Alister Hardy qui a été le premier à théoriser cette pensée, estimant que les singes auraient quitté leur habitat arboricole pour vivre dans des criques, près des rivières et en bord de mer. Nous nous tenons debout aujourd’hui, et nous n’avons pas de fourrure ? C’est parce qu’ils le faisaient pour garder leur tête hors de l’eau, et leurs poils ont naturellement fini par tomber. Nous faisons du gras ? C’est parce qu’ils en avaient besoin pour rester au chaud dans l’eau.

Rhys Evans souligne par ailleurs que les humains ont de larges sinus. Selon lui, les cavités entre les joues, le nez et le front chez l’humain témoignent d’une flottabilité qui aurait permis à nos ancêtres de maintenir leur tête hors de l’eau.

D’autres chercheurs sont très sceptiques face à cette théorie : se tenir debout pour sortir de l’eau serait une explication aussi valable qu’une autre, et si nous avions vécu des milliers d’années dans les milieux aquatiques, nous en aurions des preuves plus tangibles.

Mais les tenants de la théorie des singes aquatiques ajoutent que la biochimie du cerveau humain permet d’établir un lien. L’acide docosahexaénoïque (DHA) est un acide gras polyinsaturé oméga-3 qui contribue au développement du cerveau chez les mammifères. D’après le docteur Michael Crawford, de l’Imperial College à Londres, sans un régime alimentaire contenant une grande quantité de DHA (donc un régime à base de poisson ou de fruits de mer), jamais nous n’aurions pu autant développé nos cerveaux. Pour lui, la grande leçon de cette théorie est d’ailleurs celle-ci : les réserves de poisson s’épuisant à vue d’oeil dans nos océans, bientôt, c’est de DHA que nous manquerons ; ce qui entraînerait fatalement plus de maladies neuro-dégénératives et de détérioration intellectuelle.