Le monde selon les chats

A quoi ressemble le monde quand on est un chat ? Quel propriétaire ne s’est pas un jour posé cette question ! On peut s’en douter, les chats ne voient pas le monde comme nous : ils voient avec d’autres couleurs, et ont une vision plus profonde (sans oublier le fait qu’ils peuvent voir même dans des environnements très obscurs, en « captant » la moindre source de lumière). Leur ouïe est différente, leur toucher également leur odorat, n’en parlons pas (largement plus développé que le nôtre), sans oublier deux sens que les félins ont développé, tandis que nous n’avons maîtrisé que 5 sens…

La BBC consacre cette semaine, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à mercredi, une émission en 3 parties consacrée à la « vision » du monde selon les chats. Chaque volet est consacré à l’étude d’un sens.

Premier épisode : la vue

La vision de nuit du chat est légendaire, car sa rétine compte plus de récepteur de lumière (les bâtonnets) que les humains. Mais tout comme un humain, un chat ne verra strictement rien dans le noir complet, puisque sans source de lumière même faible, il est aussi démuni que nous !

Comment voit le chat ?
Comment voit le chat ?

La vision de jour du chat est en revanche nettement moins performante que la nôtre, car sa rétine est doté cette fois de moins de cônes (les récepteurs de couleur) que celle des humains. Les chats voient ainsi plutôt en noir et blanc et avec des nuances pastel de bleu et de jaune. Mais leur angle de vision est plus large que le nôtre : 260° (200° net + 30° flou de chaque côté), contre 220° pour les humains (180° + deux fois 20°).

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Donc mon chat me voit en noir et blanc… c’est pour ça qu’il n’a pas peur de moi quand je ne suis pas maquillée !

Deuxième épisode, l’odorat

Il a un rôle social (marquage de son territoire et identification de celui des voisins) et dans la prédation, mais sert également à détecter la nourriture avariée. On estime l’odorat du chat à 100 fois plus performant que le nôtre, grâce à 200 millions de terminaux olfactifs, contre 5 millions chez l’homme.

Et c’est là qu’intervient un 6ème sens que nous n’avons pas développé nous, humains : l’organe de Jacobson, situé dans la voûte du palais, lui permet « d’avaler » les odeurs en retroussant les babines (réaction dite de Flehmen que l’on observe aussi très souvent chez les chevaux). Les odeurs remontent en fait vers le nez et la bouche pour être analysées.

Le goût du chat est en revanche moins développé que celui de l’humain : 250 papilles pour le félin pas si gourmet !

Troisième épisode : l’ouïe, le toucher, et le saut en longueur !

Indispensable à la conquête et à la défense du territoire, l’ouïe du chat est particulièrement fine. Un chat entend des fréquences entre 20 000 et 60 000 Hz, des hautes fréquences inaudibles pour l’homme. Très intéressant : un chat perçoit très bien les sons très graves, sur 11 octaves !

Morphologiquement ses oreilles sont également adaptées pour capter un maximum de sons de par leur forme en pavillon, mobiles indépendamment l’une de l’autre, et transmettre ces infos à l’oreille interne.

C’est ce qui fait que certains chats n’aiment pas qu’on joue mal du violon

Ce dernier épisode s’intéresse aussi au toucher, qui chez les chats passe essentiellement par les vibrisses, ces petites moustaches présentes sur les joues, au-dessus des yeux et sur les pattes avant. Celles de la tête aident le chat à se guider dans le noir total. Celles sur les pattes détectent les mouvements des proies.

Pourquoi les chats retombent-ils toujours sur leurs pattes ?

Enfin, l’ultime sens qui fait pâlir d’envie les pauvres humains que nous sommes reste quand même l’extrême agilité des chats et leur souplesse. Ce fantastique équilibre vient de son système vestibulaire plus développé (encore une fois) que le nôtre. C’est précisément cet organe qui leur permet de retomber sur leurs pattes en cas de mauvaise chute, car celui-ci est directement relié à l’oreille interne, qui conditionne entre autre l’équilibre d’un individu. Le positionnement de la tête du chat dans l’espace est donc crucial : en cas de chute, elle se tourne vers le sol de manière instinctive, entraînant dans le mouvement les pattes avant puis arrière, de façon à être en position confortable pour atterrir.
Ce système vestibulaire est évidemment d’une grande aide pour aider le chat à réaliser ses sauts prodigieux

Il faut aussi noter que le squelette des chats est particulièrement adapté à cette qualité de saut : il leur permet de se mouvoir silencieusement et d’absorber les chocs en cas de chute. Les pattes arrière et la queue ont un rôle très important pendant les sauts puisqu’ils accélèrent l’impulsion et ralentissent l’impact au sol.