Les produits anti-puces sont-ils inefficaces ?

Aux Etats-Unis, de plus en plus de propriétaires s’inquiètent non seulement de la recrudescence de puces, mais aussi du fait qu’elles deviennent de plus en plus difficiles à éradiquer, en dépit de tous les traitements anti-puces les plus récents.

Les vétérinaires et, évidemment, les laboratoires producteurs de ces produits estiment qu’ils fonctionnent bien s’ils sont utilisés correctement. Selon eux, les propriétaires auraient des attentes irréalistes quant à l’efficacité du produit, ou l’appliqueraient mal sur leur compagnon.

Fipronil et d’autres traitements anti-puces

Selon les vétérinaires, il n’y a à ce jour aucune étude convaincante qui démontrerait que le fipronil et d’autres traitements anti-puces seraient devenus inefficaces. Selon Michael Dryden, professeur de parasitologie vétérinaire à l’université de Kansas City, considéré comme « Monsieur Puce » aux Etats-Unis, a dirigé de nombreux travaux sur l’efficacité des traitements contre les puces. Il estime que dans certaines zones, notamment le sud-est des Etats-Unis, les populations de puces sont devenues plus résistantes et que les traitements marchent donc moins bien qu’il y a 15 ans.

Néanmoins, il considère que les produits marchent globalement bien dans le pays, et que la principale problématique est « d’éduquer » les propriétaires sur l’application des produits et les résultats qu’il faut en attendre.

« A partir du moment où l’on commence à combattre les puces, on oublie que le foyer est également infesté », explique le docteur Dryden. « Or, aucun habitat ne peut être sous contrôle en 1 semaine, cela peut prendre des semaines voire des mois selon le type d’habitat. Il faut du temps pour cela, et ça n’a rien à voir avec une supposée résistante des puces ».

Selon d’autres vétérinaires, sauter une dose mensuelle peut suffire aux puces pour s’installer sur un animal. En particulier sur les animaux à poils longs, qui sont plus difficiles à traiter, ou qui sont lavés plus souvent avant que le produit n’ait été bien absorbé. Les rencontres avec des animaux qui ont des puces sont évidemment un facteur de risque.

Les traitements topiques ont révolutionné l’éradication des puces lorsqu’ils sont arrivés sur le marché dans les années 90. La plupart de ces traitements que nous connaissons bien s’appliquent directement sur la peau de l’animal, généralement entre les deux épaules. Les glandes sébacées absorbent le produit, qui ne pénètre pas dans le sang. Ces traitements ne font pas fuir les puces, mais si elles sont présentes sur l’animal et le « boivent », elles meurent généralement dans les 4 heures qui suivent.

Colliers et pilules anti-puces

Récemment, de nouveaux types de produits ont été commercialisés, des colliers aux pilules mensuelles, en vente dans les cliniques vétérinaires. Le traitement oral est considéré comme une bonne alternative pour les animaux allergiques aux traitements topiques.

Selon Michael Murray, vétérinaire et directeur technique chez Merial, le laboratoire qui produit le Frontline, un été pluvieux peut causer un « boom » de puces, notamment chez les animaux sauvages. Rien de plus simple ensuite pour elles de se balader dans l’herbe et d’aller infester d’autres animaux, les nôtres.

Dans les cas de surpopulation de puces, même les animaux régulièrement traités sont vulnérables. Si les propriétaires réagissent rapidement, les puces peuvent disparaître vite, mais encore faut-il les remarquer !

« Dès lors que l’on a remarqué des puces, ce qu’on regarde constitue souvent la 2ème voire 3ème génération, ce qui veut dire qu’il y a tout un environnement de puces dans l’habitat, de larves et de chrysalides… Il faudra donc du temps, au moins 3 semaines voire plusieurs mois pour tout éradiquer ».

(source : The NY Times, 29/09)