L’expérimentation animale toujours d’actualité

Le 3 juin dernier, la Commission européenne a rejeté la pétition signée par un million d’Européens, demandant l’abandon des tests sur les animaux, qui lui avait été soumise en mars.

Celle-ci a argué que les animaux étaient nécessaires à la recherche biomédicale mais que d’autres alternatives évitant le recours aux animaux, notamment pour les tests de médicaments et la recherche, seraient développés, selon la revue Nature. A noter que face à ce million de citoyens européens se trouvaient 170 organisations représentant scientifiques, mécènes de recherche médicale, 16 Prix Nobel et même des patients qui ont manifesté leur soutien à l’utilisation des animaux pour la recherche.

Fermes d’élevages spécialement dédiées

D’après un rapport de la Commission européenne datant de 2013 (données statistiques sur l’année 2011), 11 481 521 animaux ont été torturés et tués dans les laboratoires en 2011, soit 4,3 % de moins qu’en 2008. Une baisse dérisoire puisqu’aucun pays européen n’a engagé de réelle stratégie pour éviter l’expérimentation animale. Et si la directive européenne sur les cosmétiques a bien mis fin aux tests sur les produits de beauté et d’hygiène, les produits destinés à la médecine, la dentisterie, la médecine vétérinaire et la recherche fondamentale sont toujours testés sur les animaux.

Ainsi, alors que d’autres alternatives comme les tests in vitro existent et que la pertinence des tests in vivo est contestée, les pays européens persistent et signent, notamment l’Angleterre. Dans le Yorkshire, une ferme d’élevage de beagles spécialement destinés à l’expérimentation animale vient de recevoir toutes les autorisations administratives pour commencer son activité, malgré l’opposition du conseil municipal de la localité où s’implantera la ferme, et au grand désespoir des défenseurs des animaux qui comptent l’acteur Ricky Gervais et le légendaire guitariste Brian May parmi leurs soutiens.

Ces derniers se sont d’ailleurs exprimés publiquement au sujet de cette ouverture et se sont dits « écoeurés » :

« Cette décision va totalement à l’encontre de ce que pensent nos concitoyens sur le sujet, estime le guitariste de Queen. Les autorités locales condamnent des millions de chiens à des tests dépourvus d’éthique et sans aucune nécessité. C’est un terrible message pour le reste du monde. »

De nombreux parlementaires ont également fait connaître leur désaccord. La National Anti-Vivisection Society considère même qu’il s’agit là d’une trahison et a déjà lancé une vaste pétition visant à faire interdire l’ouverture de cette ferme. Autant d’éléments qui montrent à quel point le combat anti-vivisection est encore long et l’issue positive bien lointaine…