Les causes du diabète canin enfin établies ?

On comprend aujourd’hui relativement mal les causes sous-jacentes des diabètes chez les chiens. Mais une récente étude, publiée début juin dans la revue Plos One et conduite par des chercheurs de l’université de Pennsylvanie et du Baylor College of Medicine, fournirait les premières données précises en la matière.

A l’aide de technologies d’imagerie médicale pointues, les chercheurs ont pu précisément établir le nombre de cellules produisant l’insuline perdues par les organismes des chiens, et l’ont comparé avec le nombre de cellules perdues par les humains atteints de diabète de type 1. Bien qu’il existe des différences importantes entre les manifestations de la maladie chez les humains et chez les chiens, l’étude a mis à jour des similitudes clés qui démontreraient qu’en étudiant les causes du diabète chez les chiens, on pourrait affiner les traitements pour les humains.

Le diabète canin peut être traité avec des injections d’insuline, de la même façon que le diabète de type 1 chez les humains. Mais à la différence des humains qui développement ce type de diabète durant l’enfance, les chiens sont atteints à maturité ou à un âge avancé. Les chercheurs n’ont par ailleurs pas pu déterminer si la maladie était également auto-immune chez les chiens.

Afin d’en savoir davantage sur les causes de cette maladie, les chercheurs ont étudié les prélèvements issus de 23 chiens diabétiques et 17 sains, tous traités à l’école vétérinaire de l’université. Les tissus pancréatiques ont été analysés par ordinateur afin d’en déterminer la composition. Ils ont ainsi observé que les cellules beta, qui produisent l’insuline, diminuent de 13% par rapport aux animaux sains. Par ailleurs, chez les chiens non diabétiques, les îlots des tissus pancréatiques contenaient un pourcentage important de cellules beta, composées d’au moins 80% de cellules endocriniennes. Chez les humains sains, les cellules beta ne contiennent que 50% de cellules endocriniennes. Les chercheurs en ont conclu qu’avant de manifester des symptômes diabétiques, les chiens devaient « perdre » un plus grand nombre de cellules beta, ce qui expliquerait également pourquoi la maladie apparaît à un âge plus avancé que chez les humains. Enfin, les structures pancréatiques des chiens diabétiques contenaient encore beaucoup d’îlots, mais aucun ne contenait d’insuline, contrairement aux tissus humains.

(source : NewStat, 19 août)