Votre chat chasseur intéresse le Muséum d’histoire naturelle !

13 millions de chats en France, ça en fait des chasseurs ! Pourquoi ne pas faire du vôtre un objet d’étude ?

Nous possédons de plus en plus de chats dans nos foyers et, s’ils bénéficient d’une relative liberté et d’un accès à l’extérieur, nous en « lâchons » donc de plus en plus dans la nature. Chasseur hors-pair, le chat a donc un rôle important dans le fragile équilibre entre proies et prédateurs, en particulier dans des habitats en pleine évolution.

Cependant, l’écologie du chat domestique est complexe. Elle est liée aux habitats et aux relations avec les espèces sauvages, mais il faut aussi considérer les facteurs associés à la vie domestique de l’animal : limitation de l’accès à l’extérieur, nourrissage, fourniture d’abris, abandons, etc.

Pour mieux connaître et comprendre les habitudes de prédation de nos félins domestiques, leurs interactions et influences sur la biodiversité et pourquoi pas, découvrir des espèces mal connues, le Muséum d’histoire naturelle vient de lancer une vaste consultation publique et propose aux citoyens de participer à l’analyse de cette problématique complexe qu’est la définition du rôle du chat domestique dans l’environnement.

Interrogé par le Parisien, Romain Pavisse, le chercheur à la tête du projet, estime que « le nombre de chats domestiques en France n’a fait qu’augmenter et vu que leurs propriétaires recherchent avec leur chat une relation de plus en plus indépendante, les chats chassent davantage ».

Comment participer ?

C’est très simple : le Muséum a mis en place un portail de collecte de données sur le régime alimentaire du chat www.chat-biodiversite.fr. Chacun peut obtenir un accès personnalisé au site collaboratif pour effectuer un suivi régulier du régime et des captures de son animal. Observez donc les comportements de Kitty en matière de prédation, enregistrez le nombre et le type de proies tuées, et transmettez votre témoignage sur votre espace. Des photos sont toujours un plus, et même si vous n’avez pas de chat mais que vous souhaitez participer, un accès « visiteur » est également accessible pour poster des observations et des données de façon moins régulière.

Les chercheurs ont besoin d’un très grand nombre de participants pour obtenir une moyenne la plus fiable possible et « pondérer les erreurs éventuelles et incertitudes de personnes qui ne sont pas scientifiques » précise Romain Pavisse au quotidien. En deux semaines, plus de 200 personnes ont déjà participé et prouvé en photos que leurs félins n’avaient rien perdu de leur instinct avec le confort domestique…

Les chercheurs s’intéresseront aux chats campagnards puis à leurs collègues citadins et périurbains, et même les chats d’appartement, afin de comparer leurs techniques et comportements. Ne soyez pas timide ou « complexé » par votre manque de science : le Muséum précise que « même sans aucune connaissance des petites espèces de vertébrés rapportées ou consommées par les chats, il est possible de contribuer à sa mesure, en apprenant progressivement à identifier les proies et d’apporter des informations sur le contexte de l’observation. » En clair, chacun peut bénéficier de la science participative !

Faisons le test avec Lucien !

Ce salopiot n’était toujours pas rentré ce matin. Après deux jours de pluie, c’est donc qu’une petite envie de chasse l’a démangé et qu’il en a profité toute la nuit. Finalement, il est rentré bredouille, mais je vous renvoie aux précédents articles que j’ai fait sur le sujet , Lucien est un excellent chasseur. Depuis le début de l’été, nous devons en être à 50 petits rongeurs…

Il était donc évident d’inscrire Lulu pour participer à l’étude du MNHN ! Vous devez donc remplir un petit formulaire comme montré ci-dessous :

  • Première étape : remplir le formulaire d’infos sur le « killer cat »
  • Ensuite, le formulaire de « déclaration d’une proie chassée »
  • Une petite carte, qui cerne votre lieu d’habitation déclaré lors de votre inscription, permet de localiser encore plus précisément le « lieu du crime »
  • On trouvera évidemment de petites catégories toujours amusantes à remplir

La première donnée que j’ai indexée fait état d’une proie retrouvée dans la nuit du 2 au 3 août. A quand la prochaine ? Nous vous tiendrons informés !