Celui qui gueule le plus fort n’a pas les plus grosses !

C’est une étude scientifique qui prête évidemment à sourire chez les primates humains que nous sommes… Des spécialistes des singes hurleurs ont en effet révélé dans la revue Current Biology que ces primates-ci, connus pour être capables de pousser des cris graves jusqu’à 16 km de portée selon les espèces… ont généralement de petits testicules. Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on gueule plus fort que les autres qu’on est le plus viril !

 

Au cours de leur étude, les chercheurs ont collecté les données comparatives de neuf des dix espèces reconnues de singes hurleurs et modélisé en 3D pas moins de 255 os hyoïdes de primates (cet os est situé au-dessus du larynx et en-dessous de la langue). Le poids, la longueur du crâne, le nombre de mâles par groupe, le volume des canines et donc, évidemment, celui des testicules, ont été notés et analysés. Résultat : les primates hurleurs aux capacités vocales les plus impressionnantes, dues notamment à la taille de leur os hyoïde, se trouvent avoir des testicules plus petits que ceux de leurs congénères…

Pour Jacob Dunn, le spécialiste des primates qui a piloté les recherches, les singes qui possèdent des organes vocaux particulièrement développés sont aussi ceux qui produisent moins de sperme. D’où une concurrence acharnée pour s’attirer les faveurs de ces dames. En effet, lorsque les espèces comptent un seul groupe de mâles, ces derniers présentent un os hyoïde important et des testicules de petite taille. Inversement, dans les groupes où le nombre de mâles est plus important, l’os hyoïde est de moindre importance et la taille des testicules augmente, ce qui marque aussi une compétition plus franche pour la production de sperme. Selon les chercheurs, ce compromis organe génitaux-organes vocaux s’expliquerait par une question d’énergie : trop concentrée sur le développement de la puissance et des organes vocaux, elle ne saurait en parallèle favoriser le développement des testicules.

Le détail de l’étude sur le site de Current Biology (en anglais) : http://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(15)01109-4

(source : Sciences et Vie)