Le diable de Tasmanie enfin sauvé de son cancer ?

La dernière en date a été effectuée par une équipe internationale et relatée par un article d’Andrew Stofer, spécialiste en écologie des maladies infectieuses, publié dans la revue Nature. Ainsi, les génomes de 294 diables de Tasmanie ont été assidument comparés, des échantillons ayant été obtenus avant l’apparition du DFTD. Les chercheurs ont alors pu mettre en exergue deux petites portions du génome (contenant sept gènes) ayant évolué en l’espace de quatre à six générations seulement.

« Dans l’ensemble, nos résultats indiquent une réponse évolutive rapide à la forte sélection imposée par le DFTD ; nous n’avions jamais observé une réponse à un pathogène aussi létal dans des populations d’animaux sauvages auparavant » expliquent Andrew Stofer et son équipe de l’Université de Washington (États-Unis).

Chez d’autres mammifères, cinq de ces sept gènes sont liés au cancer et aux réponses immunitaires, ce qui revient à dire, selon les chercheurs, que le diable de Tasmanie développe, à l’échelle de l’espèce entière, une résistance à cette maladie.

« Nous espérons que la réponse évolutive que nous avons découverte va permettre d’accroître la survie du diable de Tasmanie à cette maladie dévastatrice » poursuit Andrew Stofer.

Le côté dévastateur du DFTD n’est pas à prendre à la légère puisqu’une étude publiée par l’Ecological Society of America (ESA) en 2009 annonçait la fin de l’espèce avant l’apparition de cette fameuse évolution génétique. Fatal dans quasiment 100% des cas, le DFTD décime le diable de Tasmanie depuis 1996, ayant causé la disparition de 80% de ses effectifs pour une présence sur 95% du territoire.

 

Les conséquences de la DFTD sur les pauvres petits diables
Les conséquences de la DFTD sur les pauvres petits diables

« Il y a sept ans, j’ai publié des modèles qui prédisaient que ces populations de diables devraient être à présent éteintes. Je suis très content de m’être trompé » déclare un des coauteurs de l’étude, le Pr Hamish McCallum de la Griffith University (Australie).

Les chercheurs espèrent que les résultats obtenus, quant à la bénéfique évolution génétique du diable de Tasmanie, pourront contribuer à effectuer une sélection de spécimens porteurs de cette résistance génétique et qui seront élevés en captivité pour la survie de l’espèce.

Sources : Tribune de Genève – MotherBoard